Les locaux de l’ANAFIC (Agence Nationale de Financement des Collectivités) ont servi de cadre ce vendredi 13 décembre, pour la tenue de la deuxième session du comité de pilotage du PACV (Programme d’appui aux Communautés Villageoises), PANAFIC (Programme d’Appui à l’ANAFIC) et PALG (Projet d’Appui à la Gouvernance Locale). 

En plus des membres du comité de pilotage, cette rencontre a également connu la présence des représentants des partenaires d’appui à ces différents projets notamment la Banque Mondiale, l’AFD (Agence Française de Développement), mais aussi l’UNICEF. 

Prenant la parole, le directeur général de l’ANAFIC, Alhassane Aminata Touré, a fait savoir que ‘‘cette session du comité de pilotage représente la dernière pour le PACV qui sera relevé désormais par les deux autres projets financés par la Banque mondiale, notamment le projet d’appui à la gouvernance locale, pour 40 millions de dollars et le projet d’appui à l’ANAFIC financé par l’Agence Française de développement pour 10 millions d’euros. Je voulais aussi insister sur un fait, l’UNIFEC et l’ANAFIC ont noué un partenariat pour la mise en commun de leurs activités, de mutualiser les utilisations des ressources et harmoniser les approches envers le public pour lequel nous travaillons tous’’.  

Il a également précisé qu’au cours de cette session, les débats porteront essentiellement sur le rapport d’activité pour le PACV et le PANAFIC ; le Programme de Travail et le budget pour l’année 2019 pour le PACV, le PANAFIC et pour le PAGL. Avant de souligner : ‘‘Le PAGL n’a pas encore de rapport à présenter, puisque c’est un projet qui vient d’être opérationnalisé, les premières activités n’ont pas encore commencé à part le lancement officiel. Mais nous pensons que d’ici à la fin d’année (…) les activités vont commencer.’’

De son côté, Safia Ibrahim Otokoré, directrice adjointe de L’AFD en Guinée et en Sierra Leone, s’est plutôt penchée sur l’accompagnement que son agence accorde au PANAFIC. Selon elle, ‘‘un des instruments qui existent et qui me semblent que le gouvernement nous a demandé d’activer c’est la décentralisation. Donc naturellement, nous avons choisi d’activer cette agence nationale. Nous sommes avec eux depuis le début et il y a un plan qu’on ne trouve pas dans les autres pays. C’est qu’ici (en Guinée) au moins, le gouvernement a décidé de mettre à la disposition de cette nouvelle agence, 15% des recettes minières. Et donc pour les collectivités et nous nous sommes décidés, puisque c’était une des conditions suspensives de notre accompagnement, de dire que nous allons mettre 10 millions d’euros à condition que le pays aussi compagne la décentralisation via cette agence’’. 

En terme d’infrastructures, de la formation, de l’insertion, du développement économique… madame Safia Ibrahim Otokoré estime que cette décentralisation, c’est aussi donner les moyens aux collectivités de pouvoir elles-mêmes créer un schéma de développement régional qui puisse répondre aux attentes des entreprises et qui puisse permettre de lutter contre le chômage. 

Également présent à cette rencontre avec plusieurs de ses pairs, le maire de la commune urbaine de Boffa, Me Saidouba Kissing Camara, s’est dit être préoccupé par non seulement les besoins accrus des populations, mais aussi et surtout par ceux des conseillers. ‘‘Comme vous le savez, a-t-il dit, le projet paie seulement les infrastructures à réaliser, mais n’intervient pas dans le cadre du fonctionnement des collectivités. Ce qui pose problème. À supposer que vous donniez un marché à quelqu’un alors que vous ne gagnez rien, cela pourrait amener les fonctionnaires ou les conseillers à la corruption. S’il y a corruption, cela diminue la valeur des infrastructures à réaliser. C’est pourquoi, il faut penser à donner quelque chose aux conseillers parce qu’ils ne sont pas payés et n’ont pas de prime alors qu’ils ont beaucoup de choses à faire qui ne sont pas comprises dans le montant alloué dans le cadre de la réalisation du projet. Nous allons exprimer ces besoins au niveau du comité de pilotage pour une prise en compte de cette préoccupation des conseillers’’.

Mohamed Soumah pour Guinee7.com

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