The White Line est une fiction de 100 minutes, de la réalisatrice namibienne Desiree Kahipoko. Sorti en 2020, le film ramène les cinéphiles dans les méandres de la ségrégation raciale en Afrique. A travers ce film projeté à l’institut français de Ouagadougou, la Namibie commence désormais à faire partie des pays habitués du Fespaco.

En compétition long métrage au Fespaco 2021, The White Line [“La Ligne blanche”, en français] dans lequel les personnages s’expriment en langue otjiherero et en afrikaans, replonge dans le temps de la ségrégation raciale qu’ont connue certains pays d’Afrique dont l’Afrique du Sud et la Namibie.

Sans verser dans la violence, il privilégie le dialogue, dans un jeu d’acteurs maitrisé. The White Line revient avec une approche filmique volontaire sur les rapports (amoureux) heurtés entre Noirs et Blancs, amenés à accepter la séparation.

Pieter, le policier, vit un désastre sentimental. Il est le frère d’Ana, une sœur autoritaire n’acceptant point de voir sa race se mélanger avec une personne à la peau noire, même au nom de l’amour. Elle considère une telle proximité comme une humiliation voire une souillure. S’étant épris de Sylvia, la domestique de cette dernière, une pauvre femme noire des bidonvilles, Pieter devient le personnage d’un drame personnel qui fera du destin une fatalité.

Sylvia, quant à elle, aura commis l’erreur, le sacrilège de répondre à l’amour d’un Blanc, un homme en uniforme, symbole de la protection, de l’assurance dans une Namibie de colons racistes. Une idylle dont le bruit se répand jusqu’aux portes de la sœur conservatrice. Pieter, malgré sa détermination à faire comprendre à sa sœur dominatrice que la race ne peut être un frein à l’amour, ne pourra rien face à la volonté de cette dernière de mettre un terme à une relation qui pourrait être une source d’humiliation pour sa race et un affront pour sa famille. Le remède devient bien douloureux : de la tristesse d’un séjour carcéral pour arracher l’acceptation de la séparation à Sylvia et Pieter.

Fatou Sagnane

La réalisatrice fait revenir le spectateur au souvenir des années difficiles des peuples noirs, à travers l’histoire de Sylvia, de son père, de la mère disparue très tôt, et dont la seule image est celle d’une vieille photo en noir et blanc. Elle use de son regard pour rappeler autrement les rapports toujours heurtés entre les races, même si l’on croit certaines questions douloureuses transcendées.

Fatoumata Sagnane

(Guinée Conakry)

Source : africine