Une centaine d’employés de la Société guinéenne de transport (Sotragui) étaient réunis, ce jeudi matin, en face du palais présidentiel (Sékhoutoureyah), pour une manifestation dont l’objectif principal était de rencontrer le président Alpha Condé, pour lui présenter leurs inquiétudes, à savoir, le paiement de leurs salaires (en retard de cinq mois) et la relance de la société non fonctionnelle depuis maintenant plusieurs mois.

La Sotragui qui disposait d’un parc de 100 bus de marque “King Long”, flambant neuf et fonctionnels, offerts à la Guinée par la République Populaire de Chine et mise en ligne le 1er mars 2012, ne dispose aujourd’hui plus que d’une “dizaine de bus en état de fonctionnement ”, d’après M. Alexandre Camara, secrétaire administratif du syndicat.

Face au non paiement des salaires, ces employés s’estiment “déjà tués par l’attente”, donc ne craignent plus d’être tués par les forces de l’ordre qui essayaient de les faire quitter de force l’entrée principale de Sékhoutoureya, qu’ils bloquaient.

Rencontré dans la foule, M. Algassimou Bangoura, secrétaire général du syndicat des travailleurs, explique la situation dramatique que ses collègues et lui vivent : “Nous avons utilisé tous les moyens de recours, les ministres, le gouvernorat, le premier imam. Nous sommes des pères et mères de famille, nous sommes délogés de nos maisons, bientôt la réouverture des classes, nos enfants ne pourront pas étudier.”

Au passage du cortège présidentiel, les manifestants on redoublé d’ardeur avec des slogans tels que : « Sauvez la Sotragui ! », « Cinq mois sans salaire ! » ou « Nous sommes délogés de nos logements ! » Une médiation assurée par un commandant de la garde présidentielle est venue prendre connaissance des points de revendication.

À la suite de cette intervention, M. Algassimou Bangoura réitère les revendications : « Nous continuerons les manifestations, jusqu’à ce que nous soyons rétablis dans nos droits. Ils nous disent que le président est sorti ; nous l’attendrons, que ce soit à minuit, midi ou jusqu’au matin, s’il le faut, puisque nous avons été ici plusieurs fois sans succès.”

Au moment où nous quittions les lieux, ces manifestants attendaient toujours le retour du chef de l’Etat, d’aucuns sous le soleil et d’autres à l’ombre, avec le vœu d’être enfin entendus par le locataire de Sékhoutoureyah.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com