Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée va devoir vivre une longue traversée du désert après son échec à la présidentielle du 11 octobre. Déjà, dans sa propre formation politique, la fronde s’organise pour réclamer son départ, tandis que le pouvoir serait à la manœuvre pour se payer sa tête, en créant un vide au tour de lui.

Cellou Dalein Diallo a dû quitter Conakry pour se réfugier momentanément à Dakar, afin de souffler un peu, après une période électorale très agitée, qui s’est soldée par un échec. Car, le candidat de l’UFDG est plutôt arrivé en seconde position avec 31,44 % des suffrages exprimés, derrière Alpha Condé, le vainqueur du scrutin avec 57,85% des suffrages exprimés. Lui, qui rêvait de succéder à Alpha Condé à la faveur de cette   présidentielle. Même si les conditions d’organisation du scrutin ne permettaient pas de réaliser cette chimère.  Cellou Dalein Diallo le savait sans doute. Mais il s’est jeté à l’eau, par simple conformisme sans doute. Après donc le fiasco électoral, on n’a senti un vent de fronde souffler sur le parti de Dalein. Avec des voix qui se sont élevés pour dénoncer l’amateurisme de la direction qui n’aurait pas muri sa décision de participer à ce scrutin, dont les dés étaient pipés d’avance. Pour ces frondeurs, deux échecs ça suffit. Et qu’il est temps de tirer les leçons, pour repartir du bon pied. Bah Oury, premier vice-président du parti est d’ailleurs à l’avant-garde de cette fronde. Il faut reconnaître que M. Bah avait prévenu l’opposition contre  un saut dans l’inconnu. Mais il n’a pas été entendu. On soupçonne Sidya Touré d’avoir entrainé ses pairs dans sa chute, en jouant le jeu qui aurait favorisé la réélection du président sortant. Le leader de l’UFR se serait ainsi « vengé » du fait de n’avoir pas pu à faire avaler la pilule de la candidature unique à Dalein. C’est du moins ce qui se dit dans la cité, depuis que l’UFR s’est rapprochée du parti au pouvoir.

Un rapprochement qui aurait pour but d’isoler le président de l’UFDG, qui va dorénavant endosser la posture de ‘’seul contre tous’’. D’autant que Dalein n’est pas favorable à participer à un gouvernement de consensus, contrairement à ses pairs, qui ne refuseront pas une telle aubaine. On voit d’ailleurs déjà des leaders se coucher à plat ventre devant Alpha Condé, dans l’espoir de bénéficier d’un strapontin. De quoi réjouir le pouvoir, qui ne souhaiterait que ça, à en croire ses détracteurs. Quant à Dalein, il va falloir qu’il se résolve  à une longue traversée du désert. Car avec son échec, cela pourrait entrainer une hémorragie au sein de son parti, au profit de la majorité présidentielle, opportunisme oblige. A cela, il faudra ajouter les actions « subversives » des frondeurs, qui tenteront le tout pour le tout, de l’évincer de la tête du parti. Quitte à lui de tenir bon, au risque de succomber sous les coups de butoir de ses adversaires.

Aliou Sow/Le Démocrate

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