Ce 23 mai, les riverains de la décharge de Dar es Salam lancent des propos hostiles au gouvernement. En face d’eux, une vingtaine de pickups bourrés de gendarmes sont sur le qui-vive. Et deux engins lourds prêts à casser des habitations qui entourent la décharge. L’opération où nous publions ces lignes n’a pas encore commencé. Mais l’ambiance est déjà lourde. Un peu plus loin, vers Hamdallahi, des jeunes brulant les pneus sur la chaussée sont dispersés à coups de gaz lacrymogène par les gendarmes.

Pour rappel, le 22 août 2017, un éboulement de terrain avait fait neuf morts autour de la décharge de Dar es Salam. Ces habitations, collées à l’unique décharge de la ville ont été ensevelies sous les ordures qui se sont déversées sur trois maisons.

Pour déloger les riverains, le gouvernement guinéen leur a proposé un montant de 20 millions de nos francs.  Une proposition vite rejetée par les concernés, qui estiment que ce « montant ne peut même pas trouver un terrain dans les périphéries de la capitale, à plus forte raison de construire un bâtiment ».

Le weekend dernier, suite à une forte pluie, au moins quatre personnes avaient été tuées dans un quartier voisin par un magma d’ordures drainé par les eaux de ruissellement.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7. Com