En décembre 2020, un événement organisé par des acteurs politiques dans la préfecture de Macenta, a mal tourné et s’est transformé en conflit intercommunautaire, faisant ainsi plusieurs morts, des blessés et d’importants dégâts matériels. Suite à ces violences, une trentaine de personnes ont été mises aux arrêts et déferrées à la maison centrale de N’zérékoré.

Après plus de dix mois de détention provisoire, ces accusés ne sont toujours pas jugés pour être fixés sur leurs sorts. Face à cette situation, Dr. Mamady Onivogui du mouvement Elazologa, a une nouvelle fois décidé de monter au créneau. C’était au cours d’un entretien qu’il nous a accordé, ce mardi.

A l’entame de ses propos, ce ressortissant de Macenta a d’abord fait savoir que trois de ces détenus ont déjà trouvé la mort en prison. Il a, à cet effet, demandé aux nouvelles autorités d’ouvrir enfin un procès, pour permettre à ces citoyens dont la plupart est, selon lui, innocente, d’être fixés sur leurs sorts.

« Pendant que les organisateurs de l’évènement traînent librement, ce sont des innocents, dont les tradipraticiens et quelques jeunes qu’on est allé ramasser dans les villages et les enfermer… Aujourd’hui, ces détenus sont en train de mourir à petit feu. Déjà, il y a eu trois qui sont décédés dont un vieillard de quatre-vingts ans et un jeune garçon. Ce dernier est décédé ce matin en prison. Pourtant la loi est très claire la détention provisoire doit se limiter à six mois pour permettre de mener des enquêtes, mais là, nous sommes déjà à douze mois d’emprisonnement et ces gens n’ont même pas encore été présentés à un juge d’instruction », déplore-t-il.

« Nous disons au CNRD, poursuit-il, si la justice est la boussole qui oriente chaque Guinéen, alors il ne faut pas accepter que nos parents meurent comme des animaux en prison sans jugement, comme des objets qui n’ont aucun droit. Nous voulons que justice soit rendue ou qu’on les libère ».

Mamady Onivogui a d’ailleurs soutenu que ces personnes arrêtées sont des détenus politiques vu qu’ils ont été interpellés pour le projet du troisième mandat d’Alpha Condé. « A partir du moment où, dit-il, le CNRD a procédé à la remise en liberté de certains détenus politiques à Conakry, il n’y a pas de raison que ceux de Macenta continuent de croupir en prison ».

Pour terminer, le coordinateur du mouvement Elazologa a annoncé l’organisation des manifestations dans les prochains jours, pour dénoncer la détention provisoire prolongée des prévenus.

Mohamed Soumah pour Guinee7.com