Censure

Play-offs de volleyball : Mamou, entre pénurie de moyens et soif de trophée

À quelques jours des play-offs Dames et Hommes du championnat national de volleyball, prévus du 28 janvier au 1er février 2026 à Dubréka, l’équipe préfectorale de Mamou, tenante du titre national, s’active dans les préparatifs. Sur le terrain multisports de la ville carrefour, joueuses et encadrement technique multiplient les séances d’entraînement, malgré des conditions loin d’être idéales.

Déterminée à conserver sa couronne, l’équipe de Mamou se heurte toutefois à plusieurs obstacles, notamment le manque de matériel et l’insuffisance de soutien des autorités communales et préfectorales. Une situation que déplore le staff technique, même s’il se dit prêt à composer avec les moyens du bord.

Interrogé en marge des entraînements, Mohamed Laho Sylla, entraîneur de l’équipe préfectorale de volleyball de Mamou, rappelle le statut de son équipe sur l’échiquier national. « Mamou est une grande équipe de volleyball au niveau national. Nous avons franchi les préliminaires et nous sommes qualifiés pour les play-offs du championnat national, mais aussi pour la Coupe nationale qui réunira à Conakry les meilleures équipes du pays. Nous nous préparons activement chaque après-midi avec l’objectif de réaliser un bon résultat », explique-t-il.

Sur le plan technique et tactique, le technicien se montre plutôt confiant.
« Nous sommes à plus de 60 % de notre préparation. Nous allons intensifier le travail avec des séances matin et soir, notamment avec ballon. Mais le véritable problème reste le volet financier. Les déplacements et la participation à Conakry nécessitent des moyens. Sans soutien, ce sera compliqué », reconnaît-il, tout en soulignant la richesse de son effectif. « Mamou dispose actuellement de la meilleure attaquante, de la meilleure serveuse et de la meilleure contreuse du championnat », ajoute-t-il.

Malgré ces difficultés, l’ambition demeure intacte. « Mamou ne se déplace jamais pour faire de la figuration. Impossible pour nous de participer sans viser le trophée. Nous voulons motiver ces jeunes filles afin qu’elles se surpassent et ramènent encore ce titre à Mamou. Notre rêve est de garder ce trophée dans la ville pendant au moins une décennie. Même sans accompagnement, je suis prêt à me battre par tous les moyens pour que Mamou prenne part à cette compétition », martèle Mohamed Laho Sylla, lançant au passage un appel aux bonnes volontés.

Capitaine de l’équipe et championne de Guinée en titre avec Mamou, Sow Assiatou partage la même détermination.
« La préparation se passe bien. Il y a de l’engouement, de l’envie et un véritable esprit combatif. Nous avançons progressivement pour obtenir un bon résultat à l’arrivée. La discipline, l’endurance et la performance sont les maîtres-mots du staff », confie-t-elle.

Toutefois, la capitaine regrette également le manque de soutien logistique. « Nous ne sommes pas suffisamment accompagnées. Vous voyez bien que nous utilisons même les escaliers pour certaines séances physiques. Malgré tout, notre objectif reste clair : gagner et redevenir championnes de Guinée afin de prouver que notre titre n’était pas un hasard. Mamou reste l’équipe la plus sûre d’atteindre la finale », affirme-t-elle avec conviction.

À Dubréka, Mamou jouera donc non seulement pour défendre son titre, mais aussi pour démontrer que la détermination et l’esprit de sacrifice peuvent parfois compenser le manque de moyens.

Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com