Censure

Affaire Makhissa Camara : la justice face aux lenteurs administratives

L’affaire visant l’ancien Directeur général des Impôts, Aboubacar Makhissa Camara, connaît un nouveau ralentissement. Ce lundi 16 février 2026, la Chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a décidé de reporter l’examen du dossier au 4 mars prochain, faute d’exécution complète des mesures d’investigation ordonnées lors des précédentes audiences.

Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et corruption, l’ex-patron des Impôts (en fuite), est au cœur d’une procédure judiciaire marquée par des lenteurs administratives.

Des réquisitions partiellement exécutées

À la barre, le tribunal a fait le point sur l’état d’avancement des démarches engagées auprès des institutions financières et des services fonciers. Selon les informations communiquées, seules trois banques ont répondu aux injonctions de la Cour : Orabank, United Bank for Africa (UBA) et Coris Bank International.

Ces établissements étaient appelés, tout comme d’autres banques primaires, à vérifier l’existence de comptes ouverts au nom du prévenu ainsi que ceux de membres de sa famille.

En revanche, plusieurs institutions financières n’ont pas encore donné suite à ces demandes. Même silence du côté des conservateurs fonciers de Conakry et de Kindia, pourtant sollicités pour identifier d’éventuels biens immobiliers appartenant à l’ancien directeur général.

Le parquet plaide pour un nouveau délai

Interpellé sur cette absence de résultats, le procureur Ousmane Sanoh a indiqué avoir adressé les correspondances nécessaires aux structures concernées. Il a toutefois reconnu être toujours dans l’attente de leurs retours.

Face à cette situation, le ministère public a sollicité un renvoi d’une semaine afin de relancer officiellement les banques et les services fonciers mis en cause.

L’État hausse le ton

Cette demande n’a pas rencontré l’adhésion de l’Agent judiciaire de l’État. Son représentant, Maître Mamadou Sanoussy Barry, s’est opposé à tout nouveau délai.

Selon lui, le non-respect des injonctions judiciaires ne peut être toléré. L’avocat a rappelé que certaines mesures avaient été ordonnées depuis près d’un an sans qu’elles ne soient exécutées. Il a ainsi invité la Cour à mettre formellement en demeure les établissements récalcitrants.

Un renvoi décidé

Après avoir entendu les différentes parties, le président de la Chambre de jugement, Yagouba Conté, a finalement opté pour un report de l’affaire au 4 mars prochain. Cette échéance devrait permettre l’exécution effective des mesures ordonnées et la poursuite des débats sur le fond.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com