Depuis plusieurs semaines, le Moyen-Orient est en proie à un conflit qui perturbe la libre circulation des navires marchands approvisionnant le monde entier. Les conséquences pourraient affecter plusieurs pays, dont la Guinée.
Anticipant les répercussions de cette crise, un acteur de la société civile interpelle le gouvernement. Il appelle les autorités à rencontrer les opérateurs économiques afin d’élaborer un plan de stockage des produits alimentaires.
« Je voudrais rappeler à l’État guinéen que nous ne sommes pas étrangers à ce qui se passe ailleurs, puisque tous nos produits de consommation sont importés et donc tributaires du marché international. Or, aujourd’hui, avec la crise au Moyen-Orient, le corridor qui permet la fluidité du transport des marchandises est perturbé. Pour y pallier, il faut anticiper. Nous avons des opérateurs économiques qui sont de grands importateurs : il faut se rapprocher d’eux et leur offrir des avantages fiscaux et douaniers, ne serait-ce que temporaires », a estimé Ibrahima Balaya Diallo, ce mardi 17 mars 2026, lors d’une conférence de presse à Conakry.
« Il faut également travailler à la mise en place d’un stock suffisant, capable d’influer sur les prix. Car si le pays dispose de réserves importantes, les prix n’augmenteront pas : c’est la rareté qui les fait grimper. Si les produits viennent à manquer sur les marchés, ils deviendront encore plus chers. Nous lançons donc une alerte afin que chacun comprenne qu’il s’agit d’un problème global qui nous concerne directement », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Ibrahima Balaya Diallo s’est exprimé sur la crise de liquidité dans le pays. Selon lui, « des erreurs économiques ont été commises. Les banques primaires gèrent l’argent des citoyens, notamment les salaires déposés dans le système bancaire. Si l’État contracte des emprunts auprès de ces banques et que les remboursements ne suivent pas de manière fluide, cela engendre des difficultés. C’est précisément le problème auquel nous faisons face. Certains ont tenté récemment d’en détourner l’attention, mais il ne s’agit pas d’un problème conjoncturel : il est structurel ».
Il a également évoqué un manque de confiance entre les citoyens et les banques. « L’État doit rembourser ses dettes envers les banques primaires : cela facilitera la situation. La rareté actuelle s’explique aussi par un déficit de confiance. Lorsque les citoyens ne peuvent plus retirer leur argent librement, ils sont tentés de le thésauriser, de le conserver chez eux. Cela constitue un véritable problème », a-t-il déclaré.
Enfin, sur l’idée d’un changement de monnaie, Ibrahima Balaya Diallo estime qu’il s’agit d’une mauvaise option. « Une monnaie ne se change pas ainsi pour lutter contre la thésaurisation. Ceux qui conservent leur argent trouvent d’autres moyens, notamment en le convertissant en devises qu’ils gardent ensuite chez eux. La véritable question reste celle de la confiance. En tant qu’acteurs de la société civile, nous avons le devoir de rappeler à l’État ses fondamentaux », a-t-il conclu.
Bhoye Barry pour guinee7.com
