Censure

Mamounwol : traverser ou risquer sa vie, le dilemme des habitants

Suspendu au-dessus du marigot Mamounwol, un vieux pont de fer, autrefois utilisé par le train, est aujourd’hui au bord de la rupture. Cet ouvrage stratégique relie les quartiers Boulbinet, Tambassa (Outneria) et Sabou (Hamdallaye), dans la commune urbaine de Mamou. Mais son état de dégradation avancée fait craindre le pire.

Chaque jour, malgré le danger évident, piétons, automobilistes et motocyclistes continuent de l’emprunter, faute d’alternative. Une traversée devenue risquée, presque quotidienne, pour des centaines d’usagers.

Le président du conseil de quartier de Boulbinet, Famory Traoré, tire la sonnette d’alarme :
« C’est un vieux pont. C’est ici que le train passait. C’est un pont qui relie les quartiers Boulbinet, Tambassa et Sabou. De nos jours, vu la densité de la population dans ces localités, ce pont est devenu une passerelle incontournable pour les citoyens. Depuis longtemps, nous assistons impuissamment à la dégradation de cet ouvrage. Les barres de fer que nous utilisons pour colmater les trous sont volées régulièrement. Le pont se trouve dans un mauvais état. La plupart de ses structures sont défectueuses. Cette situation constitue un danger permanent pour les usagers. Vu que c’est le seul pont qui les relie rapidement à la ville, les usagers n’ont pas d’autre choix que de l’emprunter. Mais traverser ici reste toujours un obstacle en toute chose. »

Un témoignage qui traduit l’impuissance et l’inquiétude des habitants face à une situation qui dure depuis trop longtemps.

Les conséquences sont déjà dramatiques. Les accidents se multiplient, parfois mortels :
« Nous enregistrons souvent des accidents ici. Récemment, une femme en état de famille a chuté ici avec un motard. Elle a perdu son enfant et difficilement elle s’en est tirée. Un jeune garçon a glissé sur ce pont et est tombé dans le marigot. C’est au troisième jour que nous avons pu repêcher son corps. Des élèves traversent ce pont pour aller à l’école. Des hommes, femmes et même des vieux l’empruntent pour se rendre en ville avec tous les risques d’effondrement qui se présentent à eux. »

Face à ce tableau alarmant, les autorités locales lancent un appel pressant à l’État et aux bonnes volontés :
« Pour la sécurité des habitants, ce pont doit être reconstruit. Sinon, son affaissement isolera nos localités. Nous demandons au Président de la République et le gouvernement de nous venir en aide. »

En attendant une intervention urgente, les populations de Boulbinet, Tambassa et Sabou continuent de vivre avec une menace permanente au-dessus de leurs têtes… et sous leurs pieds.

Mamadou Alpha Keita pour guinee7.com