Censure

Attaya à Conakry : bien plus qu’un thé, un lien social

Dans plusieurs quartiers de Conakry, le thé vert est la boisson préférée de nombreux jeunes. Pour certains, c’est un moyen de passer le temps ; pour d’autres, c’est surtout un moment de retrouvailles avec les proches.

Il est 23 heures passées à Ansoumania Plateau, dans la commune de Kagbelen, en haute banlieue de Conakry. Une petite casserole appelée « brada », contenant du thé en ébullition, est posée sur un fourneau électrique. Un homme assis à proximité jongle le liquide sombre entre deux tasses roses. Autour de lui, d’autres jeunes, assis en arc, sont plongés dans une discussion animée.

L’un d’eux, Alpha Camara, interrogé sur la raison de sa présence autour du thé, déclare : « Je travaille la journée comme maçon et je n’ai pas toujours le temps de rencontrer mes proches. Je profite de ces instants où nous nous retrouvons tous autour du brada pour prendre de leurs nouvelles. »

À côté de lui, Mohamed Keïta, chauffeur, affirme : « Le thé est un excellent remontant, mais c’est surtout un passe-temps. Quand on est là à discuter, on oublie les soucis. À part les moments de football, on ne peut pas se réunir et passer un aussi long moment ensemble. »

Devant son ordinateur, la souris dans la main droite et la main gauche sur le clavier, Abdoulaye Soumah, décorateur de maillots et hôte du groupe, explique l’impact positif que ces rassemblements autour du thé ont sur son travail : « Quand les amis se réunissent ici, cela permet aussi de sécuriser ma boutique. En plus, je suis parfois débordé de travail, mais quand les gens sont à côté, cela me donne le courage de travailler jusque tard dans la nuit. »

Au-delà des préjugés autour de la consommation de cette boisson, le thé vert, encore appelé attaya, est bien plus qu’un simple breuvage : c’est un vecteur de rassemblement et une source de convivialité entre jeunes.

Alh Cheick pour guinee7.com