Le dossier judiciaire visant Aliou Badra Checkna Koné connaît un nouveau rebondissement devant la Cour de répression des infractions économiques et financières. Alors qu’une décision de remise en liberté sous contrôle judiciaire avait été prononcée en faveur de l’ancien responsable communal de Matam, le parquet spécial a finalement décidé de s’y opposer.
La Chambre spéciale chargée du contrôle de l’instruction avait pourtant autorisé, en début de semaine, la sortie de détention de l’ex-président de la délégation spéciale de Matam. Cette mesure était assortie de plusieurs conditions, notamment le versement d’une caution fixée à deux milliards de francs guinéens, la confiscation provisoire de ses documents de voyage ainsi qu’une interdiction de quitter le territoire national.
Mais cette décision n’a pas convaincu le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright. Le magistrat estime que le montant exigé dans le cadre du cautionnement reste largement en deçà des sommes supposément impliquées dans cette affaire financière.
Il redoute également qu’une remise en liberté du prévenu ne compromette le déroulement des investigations en cours.
Selon les arguments avancés par le parquet, des soupçons pèsent aussi sur une éventuelle dissimulation de patrimoine par le mis en cause. Des éléments que le ministère public considère suffisamment sérieux pour demander le maintien en détention de l’ancien dirigeant communal jusqu’à la tenue de son procès.
Aliou Badra Checkna Koné est poursuivi dans un vaste dossier impliquant plusieurs personnes et entités morales. Les accusations portent notamment sur des faits présumés de détournement de fonds publics, corruption, faux en écritures publiques, escroquerie, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Le préjudice évoqué dans cette affaire dépasse les 240 milliards de francs guinéens.
Le dossier reste pendant devant la juridiction spéciale et pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
