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SADEN 2026 : les TPME guinéennes face au défi de la compétitivité et de l’accès aux grands marchés

La question de la montée en puissance des Toutes Petites et Moyennes Entreprises (TPME) guinéennes a été au centre d’un panel stratégique organisé dans le cadre de la 5ᵉ édition du Salon des Entrepreneurs de Guinée (SADEN). Une rencontre qui a réuni acteurs publics, secteur privé et partenaires techniques autour d’un enjeu majeur : comment réduire le fossé de performance et permettre aux entreprises locales d’intégrer les grands marchés.

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Placée sous le thème « Compétitivité des TPME : Combler l’écart de performance et accéder aux grands marchés », la session a servi de cadre à un diagnostic sans détour des défis structurels qui freinent encore l’expansion des petites entreprises en Guinée.

Des obstacles persistants à la compétitivité

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Dès les premières interventions, les participants ont mis en évidence les difficultés récurrentes auxquelles font face les TPME. Pour la ministre du Commerce et de l’Industrie, Fatima Camara, les contraintes sont multiples et touchent aux fondamentaux mêmes de l’entreprise.

Elle a notamment évoqué « la structuration, l’accès au financement, l’information et la communication », comme principaux freins à la compétitivité. Selon elle, malgré un fort potentiel entrepreneurial, un écart demeure entre les ambitions des entreprises locales et les standards exigés sur les grands marchés. Elle a ainsi relevé que « les entrepreneurs guinéens ont un potentiel énorme, mais la question est de savoir si leurs capacités actuelles répondent aux standards requis ».

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Dans le secteur privé, le constat n’est pas différent. Abdoulaye Diallo, directeur général de SMART, a insisté sur les limites organisationnelles des entreprises locales, tout en soulignant les difficultés d’accès aux opportunités économiques. Pour lui, « le véritable enjeu n’est pas seulement le financement, mais la possibilité pour les PME locales d’accéder à des opportunités concrètes ».

Structuration et formalisation, conditions essentielles

Au fil des échanges, un consensus s’est dégagé autour d’un point central : la nécessité de structurer et formaliser les entreprises avant toute ambition d’expansion.

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Amara Ndiaye, associé gérant du cabinet FFA, a rappelé que l’accompagnement des partenaires techniques doit aller au-delà du financement. Il a estimé que « le premier levier est technique : mettre en place une gouvernance solide, des outils de gestion performants et des ressources adaptées. Le financement n’intervient qu’une fois l’entreprise suffisamment mature ».

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Dans la même logique, Izar Hyacinthe, directrice générale de Concrétise, a insisté sur la réalité du tissu économique guinéen, largement dominé par l’informel. Elle a affirmé que « on ne peut pas prétendre accéder aux grands marchés sans être structuré et formalisé ».
Elle a également mis en avant l’importance du management interne, de la professionnalisation des équipes et de la visibilité des entreprises, notamment à travers le numérique et les réseaux sociaux.

Simandou 2040, un levier d’opportunités économiques

Les discussions ont également porté sur les perspectives offertes par les grands projets structurants, notamment Simandou 2040, présenté comme un moteur potentiel de transformation économique.

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Le docteur Moussa Bérété, Directeur général adjoint de la Compagnie du Transguinéen (CTG), a mis en avant les ambitions du projet et son impact attendu sur le tissu économique local. Il a révélé que « nous travaillons déjà avec plus de 60 entreprises locales et prévoyons d’investir des centaines de millions de dollars dans les prochaines années ».

Toutefois, il a rappelé que l’accès à ces opportunités reste conditionné par des exigences précises, notamment la capacité financière, l’expertise technique et la conformité aux standards internationaux. Il a encouragé les entreprises locales à s’inscrire dans des dynamiques de partenariat afin de renforcer leurs compétences.

Vers une logique de partenariat gagnant-gagnant

Au-delà des contraintes, les intervenants ont insisté sur la nécessité de bâtir des relations équilibrées entre grandes entreprises et TPME locales.
Pour Amara Ndiaye, les PME doivent être considérées comme un maillon essentiel des chaînes de valeur. Il a expliqué que « les grandes entreprises apportent les capitaux et le savoir-faire, tandis que les PME contribuent avec leur expertise locale. C’est un partenariat gagnant-gagnant ».

De son côté, Abdoulaye Diallo a encouragé un renforcement des collaborations avec les entreprises étrangères afin de favoriser le transfert de compétences et l’intégration progressive des standards internationaux.

Des réformes en cours pour accompagner les entreprises

Sur le plan institutionnel, les autorités ont rappelé les différentes initiatives engagées pour améliorer l’environnement des affaires. La ministre Fatima Camara a évoqué les réformes en cours dans le cadre de la modernisation du secteur privé, ainsi que des plateformes de dialogue comme le Guinea Business Forum.

Elle a également annoncé la tenue prochaine d’une « semaine du financement », destinée à faciliter l’accès aux opportunités financières pour les entrepreneurs, ainsi que l’action de la direction des 3AE, chargée d’accompagner les entreprises de la création à la formalisation.

Elle a toutefois insisté sur la responsabilité des entrepreneurs eux-mêmes, estimant que « l’État a créé des conditions, mais les entrepreneurs doivent aussi se remettre en question, se former, s’organiser et aller chercher l’information ».

Une dynamique à consolider à l’horizon 2040

Au terme de ce panel, un constat partagé s’impose : la compétitivité des TPME guinéennes dépendra autant des réformes institutionnelles que de la transformation interne des entreprises elles-mêmes.

Structuration, formation, innovation et coopération apparaissent ainsi comme les piliers essentiels pour permettre aux entreprises locales de franchir un nouveau cap et de s’inscrire pleinement dans les dynamiques économiques à venir, notamment à l’horizon 2040.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com