Censure

Enfants dans les rues après 22h : trois parents condamnés par le TPI de Dixinn

Dans le cadre de la campagne judiciaire contre la présence d’enfants dans les rues à des heures tardives, le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu, mercredi 10 juin 2026, son verdict dans une affaire impliquant plusieurs parents poursuivis pour exposition et délaissement de mineurs. Si trois prévenues ont été reconnues coupables et condamnées avec sursis, deux autres accusés ont bénéficié d’une relaxe pour insuffisance de charges.

À l’audience, les prévenus ont tenté de justifier les circonstances ayant conduit à l’interpellation de leurs enfants après 22 heures.

Ousmane Bangoura a nié toute négligence, expliquant que ses enfants aidaient leur sœur dans ses activités commerciales. « Ils ont été interpellés à 22h alors qu’ils aidaient à transporter des bagages », a-t-il soutenu.

Reconnaissant les faits, M’mahawa Sylla a sollicité la clémence du tribunal. Elle a affirmé que l’enfant concernée n’était pas sa fille biologique et qu’elle avait quitté la maison en son absence pour se rendre à une cérémonie de mariage.

De son côté, Saran Mansaré a évoqué ses difficultés familiales. « Je demandais à ma fille de vendre le reste du pain pendant que je rentrais me reposer », a-t-elle déclaré avant de présenter ses excuses à la juridiction.

Le journaliste Ibrahima Sory Camara a, quant à lui, rejeté les accusations. « Mon fils est un grand garçon, il a 16 ans maintenant », a-t-il affirmé, avant que le procureur ne lui rappelle que la majorité légale en Guinée est fixée à 18 ans.

Dans ses réquisitions, le ministère public a insisté sur la nécessité de protéger les mineurs des dangers de la rue. La défense, menée notamment par Me Sidiki Bérété, a dénoncé des poursuites injustifiées, estimant que les parents n’avaient manqué ni à leurs obligations éducatives ni à leurs responsabilités familiales.

Au terme des débats, le tribunal a relaxé Ibrahima Sory Camara et Etienne Loua. En revanche, Saran Mansaré, Salimatou Camara et M’mahawa Sylla ont été condamnées à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 500 000 francs guinéens chacune. Cette décision s’inscrit dans le renforcement de la politique de protection des enfants engagée par les autorités judiciaires.

Bhoye Barry pour guinee7.com