Ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Aladji Cellou demeure en détention dans le cadre d’une procédure menée par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Alors qu’il était sous contrôle judiciaire dans une première affaire liée à MTN, une seconde procédure a été engagée contre lui. Ce dossier, portant notamment sur la gestion financière de l’OGP et un différend avec notamment un fournisseur, continue de susciter de nombreuses interrogations.
Une nouvelle procédure alors qu’une première était déjà en cours.
Alors qu’il faisait déjà l’objet d’un contrôle judiciaire dans le dossier MTN, où, selon une source proche du dossier, les enquêteurs n’auraient relevé aucun élément majeur à sa charge, le parquet spécial près la CRIEF a engagé une nouvelle procédure qualifiée de ‘‘flagrant délit’’.
Cette initiative surprend certains juristes interrogés sur le dossier, qui estiment qu’il est peu courant de voir une nouvelle procédure pénale ouverte alors qu’une autre est toujours en cours concernant la même personne.
Autre point soulevé par plusieurs observateurs : alors que les procédures de flagrance sont généralement censées déboucher rapidement sur un procès, le dossier a finalement été confié à un juge d’instruction pour l’ouverture d’une information judiciaire portant sur la gestion et l’utilisation des ressources financières de l’OGP.
Au cœur du dossier : des factures impayées et une subvention publique
Selon une source proche du dossier, il est notamment reproché à Aladji Cellou de ne pas avoir réglé certains fournisseurs, alors même que l’OGP avait bénéficié d’une subvention de 18 milliards de francs guinéens accordée par l’État.
Toujours selon cette source, environ 10 milliards de francs guinéens auraient toutefois été reversés au Trésor public après utilisation d’une partie des fonds pour faire face notamment aux arriérés de salaires.
Le différend avec Faramayah Autos
Pour le cas des fournisseurs, le principal différend concerne la société Faramayah Autos. Dans des déclarations accordées à Guinéenews, son PDG, Ansoumane Camara, affirme avoir livré six véhicules à l’OGP sous la direction de l’ancien directeur général Mandian Sidibé : trois Toyota Hilux, deux Toyota Fortuner et un Toyota Land Cruiser Prado, pour un montant total estimé à 3,65 milliards de francs guinéens.
Le fournisseur affirme n’avoir perçu que 500 millions de francs guinéens. ‘‘À ce jour, je n’ai reçu que 500 millions de francs guinéens’’, a-t-il déclaré à Guinéenews. Selon lui, un protocole d’accord avait été conclu avec Aladji Cellou Camara, prévoyant un remboursement progressif de la créance à raison de 250 millions de francs guinéens par mois.
Toujours selon Ansoumane Camara, deux versements ont effectivement été effectués avant leur interruption.
L’autre version
Des sources proches de l’OGP avancent une lecture différente du dossier. Elles soutiennent qu’au moment de la prise de fonction de Aladji Cellou Camara, le procès-verbal de passation ne faisait état que de trois véhicules effectivement présents au sein de l’entreprise publique : un Prado affecté au directeur général, un Fortuner destiné au directeur général adjoint et un pick-up Hilux.
Ces mêmes sources s’interrogent donc sur la localisation des autres véhicules évoqués par le fournisseur.
Toujours selon elles, Aladji Cellou Camara aurait accepté de poursuivre uniquement le paiement des trois véhicules effectivement recensés avant de suspendre les règlements après avoir constaté que Faramayah Autos avait déjà perçu plus de 3,6 milliards de francs guinéens entre 2022 et 2023.
Pour ses soutiens, cette suspension relevait d’une démarche de prudence visant à vérifier la régularité des paiements avant tout nouvel engagement financier.
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Une affaire qui continue d’alimenter le débat
Les circonstances de cette procédure continuent d’alimenter les débats parmi les observateurs du système judiciaire.
Certains s’interrogent notamment sur la qualification pénale retenue dans un dossier qui, selon eux, pourrait relever d’un litige commercial entre un établissement public et un fournisseur.
D’autres estiment au contraire que les investigations permettront d’établir les responsabilités éventuelles dans la gestion des finances de l’OGP.
En attendant une décision de justice, Aladji Cellou Camara, qui devrait, selon beaucoup d’observateurs, être célébré pour une gestion ayant sorti du trou -creusé par son prédécesseur- l’établissement public reste placé en détention.
L’affaire demeure suivie de près, tant en raison des enjeux financiers qu’en raison des nombreuses questions qu’elle soulève notamment son traitement judiciaire.
Aziz Sylla pour guinee7.com
