Censure

Adoption de l’éco : la Guinée participe aux discussions, précise Ousmane Gaoual Diallo

Le porte-parole du gouvernement affirme que Conakry n’a pas encore arrêté sa décision sur la future monnaie unique de la CEDEAO, mais reste engagée dans les réflexions régionales.

Conakry- La question de l’adhésion de la Guinée à l’éco, projet de monnaie unique porté par plusieurs États de la CEDEAO, continue de susciter des interrogations. Le gouvernement guinéen, par la voix de son porte-parole Ousmane Gaoual Diallo, assure que le pays prend part aux discussions en cours, sans pour autant annoncer une décision définitive.

Lors d’une conférence de presse animée ce lundi au porte-parolat du gouvernement à Kaloum, le ministre des Transports est revenu sur la position de Conakry concernant cette initiative monétaire régionale. Selon lui, la Guinée est déjà associée aux échanges sur la mise en place de l’éco et devra, le moment venu, évaluer les différents paramètres liés à son éventuelle intégration. «La Guinée est partie prenante dans la réflexion pour la mise en place de cela. Donc le président a été approché pour aussi intégrer ce club de chefs d’État qui vont travailler sur la mise en œuvre. On verra après par rapport aux paramètres de notre pays. Qu’est-ce qu’on va faire ?», a expliqué Ousmane Gaoual Diallo.

Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs tenu à dissiper une confusion souvent faite entre l’éco et le franc CFA. Pour lui, cette future monnaie ne doit pas être perçue comme une continuité d’un système existant, mais plutôt comme un projet d’intégration économique voulu par les États membres : «ce qui est clair, c’est qu’il ne faut pas confondre l’éco à la monnaie CFA, il faut comparer l’éco et l’euro. Ce n’est pas une monnaie qui est héritée, c’est une volonté de mettre en place une monnaie commune pour un ensemble de pays.»

Une intégration régionale déjà engagée

Au-delà de la question monétaire, Ousmane Gaoual Diallo estime que plusieurs mécanismes d’intégration existent déjà au sein de la CEDEAO. Il cite notamment les documents administratifs communs qui facilitent la circulation des citoyens dans l’espace communautaire : «il y a beaucoup de facteurs que nous mettons déjà en place ensemble. Les permis, vous voyez, c’est des permis CEDEAO, les passeports : c’est des passeports CEDEAO, Les cartes d’identité, ils vont aller vers la CEDEAO, donc il y a beaucoup déjà de facteurs d’intégration qui sont en cours de réalisation…»

Pour lui, cette dynamique rend nécessaire une réflexion sur une harmonisation plus poussée, notamment dans le domaine monétaire : «on peut pas dire on a les passeports communs, on a les cartes d’identité communes, on a les permis communs, on a beaucoup de documents en commun et puis l’argent, chacun fait ce qu’il veut. À un moment donné, il faut oser au renforcement de l’intégration de la sous-région.»

Les économistes appelés à éclairer la décision

Le ministre a toutefois rappelé que la décision finale devra s’appuyer sur une analyse technique des avantages et des éventuelles contraintes économiques : «je pense que les économistes, c’est ceux qui ont les instruments et les variables nécessaires à cette intégration vont prendre la parole pour donner clairement les raisons qui vont motiver l’État à aller ou à ne pas aller.»

En attendant, la ligne officielle de Conakry reste inchangée : la Guinée participe aux réflexions, mais n’a pas encore confirmé son adhésion à l’éco : «mais pour l’instant, nous sommes intégrés dans la réflexion pour la mise en œuvre de cet argent et c’est la position officielle de l’État guinéen.»

La CEDEAO, un espace stratégique pour la Guinée

Ousmane Gaoual Diallo a également insisté sur l’importance du lien entre la Guinée et l’organisation sous-régionale. Il estime que la coopération avec les autres États membres représente un enjeu majeur, notamment pour un pays qui partage plusieurs frontières avec des voisins de la CEDEAO : «donc nous encourageons et vous l’avez suivi le discours du chef d’État … C’est un gage de confiance et ça montre aussi qu’est-ce que la CEDEAO sans la Guinée en réalité ? Et qu’est-ce que la Guinée toute seule sans la CEDEAO ?»

Selon lui, les réalités géographiques du pays démontrent l’importance des mécanismes communautaires déjà en place : «nous qui sommes les frontaliers, on connaît bien les bénéfices de ces papiers administratifs qui nous permettent d’aller de part et d’autre des frontières et c’est quelque chose qui est important pour nous et que nous souhaitons qui s’amplifie.»

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com