Conakry- Le porte-parole de la Présidence de la République a été interpellé ce mercredi 19 août sur la suspension de l’avocat général près la Cour suprême de Guinée, le magistrat Algassimou Diallo. Il estime que cette décision relève de l’administration et appelle les journalistes à s’intéresser aux faits ayant motivé la sanction.
La suspension de l’avocat général près la Cour suprême de Guinée, Algassimou Diallo, était au cœur des échanges entre les porte-paroles de la Présidence de la République et du gouvernement et la presse, ce mercredi 19 août à Conakry.
Lors de cette rencontre de prise de contact avec les médias nationaux et internationaux, la question a été posée au Général Amara Camara, porte-parole de la Présidence de la République. Dans sa réponse, il a d’abord rappelé que le magistrat avait fait l’objet d’une sanction administrative. « Monsieur Algassimou a été sanctionné. Algassimou, c’est un magistrat. Moi, je suis militaire. Dans mon métier, tous les jours, on nous sanctionne. La sanction fait partie de l’administration », a-t-il déclaré.
Pour le porte-parole de la Présidence, cette sanction ne devrait pas, en elle-même, susciter une polémique, dès lors qu’elle intervient dans le cadre de l’administration. Il affirme par ailleurs que des faits justifient la décision prise contre le magistrat. « Il a été sanctionné parce qu’il y a suffisamment de faits qui justifient le fait que son ministre l’a sanctionné », a soutenu le Général Amara Camara.
Poursuivant son intervention, le porte-parole de la Présidence a insisté sur la nécessité de faire respecter les règles et l’autorité de l’administration, avant de poser la question de l’égalité des citoyens devant la loi. « Qui est au-dessus de la loi en République ? N’est-ce pas il faut un état fort pour que les citoyens puissent avoir le minimum pour vivre en paix et en sérénité ? »
Le Général Amara Camara estime ainsi que la décision de sanctionner un responsable administratif ne constitue pas, en soi, une situation exceptionnelle. Il précise que la même logique pourrait s’appliquer à n’importe quel cadre de l’administration. « Un ministre a sanctionné un cadre, où est le problème ? Où est le souci ? Une sanction est administrative, et puisque nous sommes de l’administration, dites-vous d’abord que nous sommes de l’administration, on sait tous que ça arrive dans le travail », a-t-il expliqué.
Au-delà de la suspension elle-même, le porte-parole de la Présidence invite surtout à s’interroger sur les raisons qui ont conduit à cette décision. Il renvoie notamment les journalistes à leur rôle d’investigation pour établir les faits à l’origine de la sanction. « Pourquoi il a été sanctionné ? C’est ça peut-être la question que vous devriez me poser. Mais qu’on sanctionne Algassimou ou Amara, c’est normal dans l’administration », a-t-il ajouté.
En conclusion, le Général Amara Camara a insisté sur la question de fond, à savoir les faits reprochés au magistrat, tout en réaffirmant que toute personne qui mérite une sanction doit, selon lui, en faire l’objet. « La question de fond : pourquoi a-t-il été sanctionné ? Allez-y chercher les faits, vous êtes journalistes, c’est ça votre travail. Mais quiconque mérite une sanction sera sanctionné. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
