Conakry- Les habitants de Dar-es-Salam, ont été brutalement réveillés ce dimanche par un éboulement. L’accumulation des ordures au fil des années a une nouvelle fois tué.
Le drame a fait de nombreuses victimes et plongé plusieurs familles dans une profonde douleur. Toute la journée, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies sur le site, sous le regard impuissant des proches des victimes.
Quelques heures après le drame, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur de la situation et soutenir les équipes mobilisées.
Plusieurs membres du gouvernement ont également effectué le déplacement, notamment les ministres en charge de la Santé, des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Administration du territoire, ainsi que la gouverneure de la ville de Conakry.
Ils sont venus prêter main-forte au ministre de l’Assainissement, resté durant une grande partie de la journée sur le site pour suivre les opérations.

D’importants moyens mobilisés pour les recherches
Sur le terrain, le génie militaire a rapidement engagé les opérations de fouilles à l’aide de ses engins.
D’autres machines présentes sur le site ont également été mobilisées afin de renforcer le dispositif et tenter de retrouver d’éventuels survivants ou les corps des personnes ensevelies.
Au fil des heures, plusieurs corps ont été extraits des décombres. Ils ont été pris en charge et évacués par les équipes de la Protection civile et de la Croix-Rouge.
Les opérations se sont déroulées sous la supervision et l’encadrement des forces de police et de la gendarmerie.
Malgré les efforts déployés, le bilan humain s’est alourdi au cours de la journée. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie.
Six blessés graves et 16 autres blessés ont également été enregistrés. Ils sont pris en charge « gratuitement » à l’hôpital Donka, selon le ministère de la Santé.
Face à cette tragédie, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a présenté, au nom du gouvernement, ses condoléances aux familles endeuillées.
Des familles plongées dans la détresse
Derrière les chiffres, ce sont des familles entières qui ont été frappées par le drame. Sur le site, plusieurs proches des victimes ont vécu des heures particulièrement éprouvantes, entre attente, espoir et désespoir.
C’est notamment le cas de Ciré Kallo, qui affirme avoir perdu ses cinq enfants dans l’éboulement.
Le jeune Abdoul Soumah, arrivé sur les lieux à la recherche de ses proches, a lui aussi tout perdu. Sa mère ainsi que ses frères et sœurs figurent parmi les victimes qu’il recherche.
Mohamed Camara, père de famille, a également vécu une journée d’une rare violence émotionnelle. En larmes, il disait vouloir retrouver ses deux enfants, « peu importe leur état ».
Maciré Camara, de son côté, a perdu son époux, parti tenter de sauver des personnes touchées par le drame, ainsi que ses enfants.
Les sinistrés évacués vers Dixinn

Alors que les recherches se poursuivaient, plusieurs familles sinistrées, profondément traumatisées, ont été évacuées du secteur à bord d’un bus affrété par l’ANGUCH et la mairie de Gbèssia.

Elles doivent être hébergées provisoirement dans une école primaire située à Dixinn, le temps que les autorités puissent organiser leur prise en charge.

À 18 heures, après plusieurs heures de travail sans interruption, les machines mobilisées sur le site ont cessé les opérations. Selon les informations recueillies, les fouilles doivent reprendre demain afin de poursuivre la recherche d’éventuels survivants et des personnes encore portées disparues.
Abdoul Lory Sylla et Bhoye Barry pour Guinee7.com
