Censure

Délestages à Conakry : la CONAPAID redoute le pire pendant l’étiage

Alors que les délestages se multiplient dans plusieurs quartiers de Conakry en pleine saison des pluies, la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID) tire la sonnette d’alarme. Son président, Ibrahima Aminata Diallo, s’interroge sur les causes de cette crise énergétique et redoute une situation encore plus difficile durant la prochaine période d’étiage.

Conakry – En cette saison des pluies, les délestages de courant électrique sont très fréquents dans plusieurs quartiers de Conakry. Face à cette situation alarmante, le président de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID), Ibrahima Aminata Diallo, a réagi.

« Je pense qu’une fois encore, vu les habitudes des populations, je prends Conakry, la capitale : l’hivernage, d’habitude, ce n’est pas une période d’étiage. On a toujours connu une nette amélioration de la desserte en électricité dans la capitale Conakry pendant cette période hivernale », a-t-il déclaré.

Cet activiste de la société civile estime qu’il y a lieu de s’interroger sur le manque d’électricité en Guinée, après tous les fonds injectés dans le secteur énergétique.

« Mais il faut s’interroger sur la situation actuelle de ce manque de courant électrique dans la capitale guinéenne et dans une partie du pays. Je pense que nous avons connu presque tous les gouvernements qui se sont succédé ici depuis un certain temps. Ils ont investi des milliards de francs guinéens et des millions de dollars pour régulariser la situation de l’électricité. Je vais prendre le régime précédent avec Kaleta. Nous avons vu que Kaleta, au moment où certains leaders politiques et acteurs de la société civile s’interrogeaient sur la pérennité et les résultats de ces barrages, on disait qu’il s’agissait de sabotages. Mais si toutefois le travail avait été bien fait, je pense que ce n’est pas le départ d’un président qui fera disparaître le courant électrique ou changera les régimes », a expliqué Ibrahima Aminata Diallo.

Selon lui, les arguments avancés pour expliquer la situation de l’électricité en Guinée sont insuffisants. Il estime que le pays est confronté à un manque de sources d’énergie.

« Si toutefois c’était un travail effectué dans la durabilité, on aurait pu avoir le courant jusqu’à maintenant. Mais souvent, lorsque nous demandons à certains travailleurs d’EDG, ils disent qu’ils sont en train de travailler sur le réseau. Voilà quelques-uns des arguments avancés. Mais, à mon avis, ce sont des annonces qu’ils devraient faire au préalable. Nous, nous pensons qu’il y a aujourd’hui un problème de source d’énergie en Guinée », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le président de la CONAPAID exprime ses craintes quant à la prochaine période d’étiage. « Et si la période hivernale constitue notamment une crise, je ne sais pas comment nous allons gérer la période d’étiage que nous connaissons entre les mois de février et mai, l’intervalle durant lequel on avait souvent de petits problèmes. Parce que nous avons trois barrages : Garafiri, Kaleta et Souapiti. Maintenant, Amaria est en cours de construction. Mais les trois autres sont carrément achevés. »

Pour finir, cet activiste appelle les autorités à changer d’approche en matière de politique énergétique. Face à la rareté des pluies et aux effets du changement climatique, Ibrahima Aminata Diallo estime que la Guinée doit renforcer ses capacités d’adaptation.

« Donc, je pense que la Guinée aussi devrait mettre en place une politique d’adaptation au changement climatique. C’est très important pour ne pas toujours rester dépendants de la nature. Parce qu’en Guinée, la nature est tellement clémente que nous pensons que cela va continuer à tout moment. Il faudrait qu’on s’adapte au contexte climatique afin que nous puissions éviter un manque total. Parce qu’avec cette allure, nous risquons d’avoir, pendant la période d’étiage, un manque total de courant électrique », a-t-il conclu.

Bhoye Barry pour guinee7.com