Censure

Sécurité du consommateur : l’IGNM intensifie les contrôles et brandit la sanction

Lancée à Conakry, la campagne nationale de l’IGNM, sous la tutelle du ministère de l'Industrie et du Commerce, vise à vérifier la conformité des produits et des instruments de mesure, avec le retrait annoncé des équipements qui ne respectent pas les normes en vigueur.

Guinée- L’Institut Guinéen de Normalisation et de Métrologie (IGNM) a lancé, jeudi 17 septembre 2026 à Conakry, une campagne nationale de vérification des instruments de mesure. Son directeur général, Dioumé Sangaré, annonce des contrôles pendant un mois et le retrait des équipements qui ne respectent pas les normes.

Le contrôle des instruments utilisés dans les transactions commerciales entre dans une nouvelle phase en Guinée. L’Institut Guinéen de Normalisation et de Métrologie (IGNM) a entamé, jeudi, une campagne nationale destinée à vérifier la fiabilité des équipements de pesage et à renforcer la protection des consommateurs.

L’opération, placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce, a démarré à l’abattoir de Kakimbo avant de se poursuivre au Frigo de Kénien, dans la commune de Dixinn, puis au marché Niger de Kaloum.

Pour le directeur général de l’IGNM, Dioumé Sangaré, la démarche repose sur deux axes : accompagner les acteurs économiques vers le respect des normes et s’assurer que les instruments utilisés dans les échanges commerciaux donnent des mesures fiables : « la campagne, cette fois-ci, va se dérouler en deux étapes : l’évaluation de l’approvisionnement des produits aux normes pour accompagner les entreprises à produire de la qualité. Deuxième étape : les instruments de mesure.L’objectif visé, c’est pour protéger le consommateur, en produisant de la qualité, à accompagner la prise en charge pour permettre désormais de pouvoir être compétitif à l’échelle nationale et internationale. »

Des premières vérifications qui révèlent des anomalies

Les contrôles effectués au cours de cette première journée ont déjà permis de relever plusieurs cas de non-conformité.

À l’abattoir de Kakimbo, dix pesons automatiques utilisés pour la pesée de la viande ont été vérifiés. Huit ont été retirés du service après avoir été déclarés non conformes. Les deux autres ont reçu une vignette de conformité.

Le constat est également relevé par le directeur général de l’IGNM, qui appelle les utilisateurs à prendre au sérieux les exigences réglementaires : « pratiquement, c’est pas bien. Sur dix instruments contrôlés, on a trouvé deux conformes seulement. Et ça, c’est pas bien. »

Dioumé Sangaré prévient surtout que les équipements non conformes ne pourront plus continuer à être utilisés dans le cadre des transactions commerciales : « à partir de l’instant, je pense que la campagne est lancée pour toute l’étendue du territoire national. Désormais, tout détenteur des instruments non conformes sera tout simplement retiré sur le marché et le respect de la norme en vigueur est non négociable. La campagne va durer un mois pour cette deuxième étape.»

À Kakimbo, huit pesons retirés du service

Sur le terrain, les agents de l’IGNM ont procédé à des vérifications techniques à l’aide notamment d’un équipement de référence. Ibrahima Telly Diallo, chef du département Métrologie, revient sur le résultat obtenu à l’abattoir de Kakimbo : « à l’abattoir de Kakimbo, pour vérifier la fiabilité des instruments utilisés dans la pesée, le constat est ceci : sur dix instruments contrôlés, des pesons automatiques, nous avons constaté que huit ne sont pas conformes et ils ont été retirés. Et ici, deux sont conformes, on a apposé des vignettes de conformité sur ces deux instruments.»

Le responsable rappelle également le principe de certification des instruments avant leur utilisation : « un instrument, quand il n’est pas certifié, ne doit pas être utilisé. L’agent de l’IGN vient avec un poids étalon, il vérifie et quand c’est conforme, on appose la vignette de conformité.»

L’IGNM travaille parallèlement sur une stratégie visant à réduire les disparités entre les équipements utilisés dans le pays. Un projet d’uniformisation des instruments de mesure est ainsi annoncé. « Déjà nous avons un projet en place, c’est l’uniformisation des instruments de mesure en République de Guinée, et nous avons identifié des instruments homologués qu’on va vraiment chercher à mettre à disposition des utilisateurs pour chaque catégorie», ajoute Ibrahima Telly Diallo.

Plusieurs appareils également contrôlés à Kénien

Au Frigo de Kénien, les agents ont vérifié des instruments de pesage à indication analogique, notamment ceux équipés d’une aiguille permettant de lire le poids.

Momo Soumah, chef du service Métrologie légale à l’IGNM, explique la particularité de ces équipements : « les instruments qui sont contrôlés aujourd’hui, c’est des instruments de mesure de pesage à fonctionnement automatique à indication analogique. C’est des instruments qui servent à déterminer le poids des corps. L’indication est analogique, vous voyez l’aiguille, quand vous mettez le poids, l’aiguille se déplace et indique le poids. Donc c’est ce qu’on appelle analogique.»

Une trentaine d’instruments ont été examinés sur ce site. Selon le responsable, la majorité était conforme, tandis que sept à huit équipements ont été éécartés : « le constat est bon parce que la majeure partie des instruments contrôlés sont conformes. Et ceux qui ne sont pas conformes, on les a retirés. On va continuer à les sensibiliser pour qu’on leur donne des bons instruments, qu’on continue à faire le même travail.»

Pour Momo Soumah, le contrôle doit être accompagné d’un travail d’information auprès des utilisateurs et des consommateurs : « une autre campagne de sensibilisation doit passer à tous les niveaux pour faire comprendre aux gens, ceux qui achètent et ceux qui utilisent, comment utiliser en bon escient les instruments.»

Mareyeuses et bouchers favorables au contrôle

Sur les différents sites visités, plusieurs professionnels ont exprimé leur adhésion à la démarche de l’IGNM.

Magass Nana Kaba, secrétaire générale de l’Union nationale des femmes mareyeuses, estime que la fiabilité du pesage constitue un enjeu pour les consommateurs et les commerçantes : « nous nous réjouissons ce jour au nom de notre ministre du Commerce d’avoir pensé à nous en se questionnant sur la qualité du pesage dans notre marché. Nous en sommes contentes pour ne pas que nous causions du tort aux consommateurs.»

Elle demande toutefois que les professionnels du secteur disposent d’équipements adaptés au pesage du poisson : « nous demandons à ce qu’ils nous donnent des machines adaptées, de marque coréenne, puisque c’est ce qui est bon pour la pesée du poisson. Ce qu’ils nous avaient donné la fois dernière était destiné au pesage du lait : 1,2, 3… kilogramme.»

 

À Kakimbo, Thierno Bella Bah, président des bouchers de la commune de Ratoma, se félicite également de l’intervention de l’institut. Pour lui, la précision du poids est indispensable dans la vente de viande : « venir régulariser le pesage de la viande est une très bonne initiative qui va nous permettre de revendre avec un poids exact. Quand un citoyen achète un kilo de viande, ce doit être un vrai kilo.»

Le responsable des bouchers fait état d’écarts qui auraient parfois été constatés avec certaines anciennes bascules : « avec certaines bascules défectueuses que nous avions ici, nous constations parfois des écarts allant de 7 à 8 kilos.»

La campagne est menée autour d’un principe annoncé par l’institut : «La santé et la sécurité du consommateur guinéen sont non négociables”.Au-delà des balances et des pesons, l’IGNM compte également contrôler les récipients utilisés comme unités de mesure pour les produits vendus en vrac, avec l’objectif de les remplacer progressivement par des contenants standardisés correspondant à des poids précis. L’institut prévoit aussi l’installation de balances témoins dans les marchés afin de permettre aux consommateurs de vérifier eux-mêmes le poids de leurs achats.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com