Guinée- À quelques jours de la rentrée, l’école primaire Batouya 1 se retrouve sans archives, sans une grande partie de ses documents administratifs et avec des dégâts matériels importants. L’établissement figure parmi les victimes de l’importante montée des eaux qui a touché plusieurs secteurs de Coyah.

Le lendemain de l’inondation, le directeur de l’école, Mamadouba Camara, ne cache pas son inquiétude. Les documents qu’il préparait pour la prochaine année scolaire ont été emportés par les eaux. Une situation qui, selon lui, pourrait compromettre la reprise normale des cours. « Hier, j’étais à la maison quand le président de l’APEAE m’a appelé pour me demander de venir m’enquérir de la situation à l’école. Nous sommes venus et avons fait de notre mieux pour mettre certains documents à l’abri, mais cela n’a pas suffi. Ce matin, la situation est encore plus grave. Chaque année, l’école subit des inondations, mais cette fois-ci, c’est pire. Presque tous les documents administratifs — dossiers des enseignants, livres et livrets des élèves, résultats de cette année, ainsi que les diplômes retirés pour les élèves devant passer au collège — ont été emportés par les eaux. Depuis ce matin, nous sommes occupés à nettoyer. Après la proclamation des résultats, je me préparais déjà pour la rentrée scolaire. Tout était rangé sur les tables, mais l’eau a tout emporté. J’appelle aujourd’hui les autorités locales et centrales à nous venir en aide, car sans leur assistance, la rentrée scolaire est compromise dans notre établissement. Les manuels distribués pendant les vacances, le peu de matériel restant des années précédentes, ainsi que l’ensemble des archives de l’école depuis sa création ont été perdus. Il ne reste plus aucun document à l’école primaire Batouya 1″, regrette Mamadouba Camara, directeur de l’école primaire Batouya 1, dans la commune de Coyah.»

Le sinistre dépasse donc le cadre des dégâts constatés dans les habitations. À Batouya, les eaux ont également atteint un lieu destiné à accueillir les enfants et ont détruit des documents accumulés au fil des années.
Des familles contraintes de quitter leurs maisons
Dans les secteurs de Laminaya et Batouya, les conséquences de la montée des eaux sont également visibles dans les concessions. À Laminaya, Ibrahima Sow et son épouse étaient encore occupés à évacuer l’eau de leur maison lors de notre passage.

L’eau aurait fait irruption dans leur habitation entre 9 heures et 10 heures. Le temps de tenter de mettre les biens à l’abri, une partie des dégâts était déjà irréversible. «L’eau nous a surpris hier entre 9heures et 10heures. J’ai décidé de transporter nos affaires ailleurs. Mais avant de procéder à cela, l’eau avait tout endommagé. Nous n’avons pas pu récupérer beaucoup de choses. Les murs se sont effondrés par la suite. Il n’y a pas eu de perte en vie humaine ici, pas de blessé. Je demande l’aide du gouvernement », plaide ce responsable de famille.»

Le phénomène n’est pourtant pas totalement nouveau dans cette zone. Des habitants expliquent que Laminaya connaît régulièrement des épisodes d’inondation, avec des conséquences variables selon l’intensité des pluies.
Cette fois, plusieurs maisons ont été touchées et des familles ont dû abandonner temporairement leurs domiciles.
Un orphelinat parmi les sinistrés

Dans le même secteur, l’inondation a aussi affecté un orphelinat. Facinet Camara, son gérant, fait état de pertes concernant notamment le matériel destiné aux enfants et leurs activités scolaires.

Encore marqué par ce qu’il vient de vivre, il sollicite l’intervention des autorités. « Hier, nous avons été victime de l’inondation qui a ravagé tout sur son passage. Les programmes d’étude des enfants, les matélats. L’eau a emporté assez de contenus dans l’orphelinat. J’invite les autorités à venir nous aider », a exprimé cet édicateur.»
Deux morts selon les autorités locales
L’inondation a également eu des conséquences humaines. Selon le maire de Coyah, Mohamed Bangoura, deux personnes ont perdu la vie dans le sinistre.
Face à la situation, la commune dit avoir orienté les personnes dont les maisons ont été touchées vers la Maison des jeunes de Coyah. Des familles y ont été installées avec quelques effets personnels, notamment des matelas et des ustensiles de cuisine.

L’accès au site n’a cependant pas été autorisé aux journalistes, sur ordre du préfet, selon nos sources. La police et la gendarmerie assurent la surveillance des lieux. Le nombre exact de personnes accueillies n’a pas été communiqué.
Le maire Mohamed Bangoura affirme, lui, que les besoins immédiats des sinistrés ont commencé à être pris en charge. «Nous avons d’abord demandé à tous les sinistrés de se regrouper à la Maison des Jeunes, car c’est là qu’a été prévu leur point de rencontre. De ce fait, les hautes autorités ont été informées. Le gouverneur de la région de Kindia s’est également déplacé à Coyah pour venir réconforter les sinistrés qu’il a trouvés sur place. Il y a eu beaucoup de dégâts matériels, ainsi que la perte de vies humaines, car nous avons eu deux morts hier. De plus, beaucoup de maisons ont été endommagées. Mais vu que les sinistrés se sont regroupés à la Maison des Jeunes, des dispositions ont été prises. Hier soir, ils ont eu à manger, ce matin nous avons fourni le petit-déjeuner, et nous sommes prêts à leur offrir le repas de la journée avec l’équipe d’Anguich qui est sur place. Tout est au complet, nous sommes en train de mettre les choses au point pour que tout se passe bien », a expliqué cette autorité locale.»

À Coyah, le bilan de cette nouvelle montée des eaux se dessine ainsi à travers des maisons endommagées, des familles déplacées, des équipements détruits et, désormais, une école qui doit tenter de préparer la rentrée avec une partie de ses archives disparue.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
