Conakry-Les citoyens du quartier Matoto Centre, dans la commune de Matoto, à Conakry, ont accueilli, ce mercredi 4 novembre 2026, une équipe d’un consortium regroupant onze ONG. Cette rencontre avait pour objectif de recueillir les difficultés rencontrées par les communautés à la base et de réfléchir, avec les participants, à des solutions par la voie pacifique.
L’initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Nos voix, nos droits », qui entend favoriser l’expression des communautés sur les violences, les discriminations et les différentes formes d’exclusion auxquelles elles sont confrontées.
« Dans le cadre de ce projet, nous organisons des mini-dialogues communautaires dans toutes les communes de Conakry. Aujourd’hui, nous sommes dans la commune de Matoto pour échanger avec la communauté et lui donner l’occasion de nous faire part des violences qu’elle subit, des discriminations, de l’exclusion et d’autres difficultés auxquelles elle est confrontée », a expliqué Mamady Camara, membre de l’une des organisations du consortium.
Au cours des échanges, plusieurs femmes ont notamment évoqué les difficultés qu’elles rencontrent dans leurs foyers, particulièrement en ce qui concerne la gestion de leurs revenus par leurs conjoints.
« Il y a des femmes qui se lèvent entre 4 heures et 5 heures du matin pour aller au marché. À leur retour à la maison, vers 14 heures ou 15 heures, leurs maris récupèrent tous leurs revenus. Cela nous inquiète et nous préoccupe. Aidez-nous à sensibiliser nos maris afin qu’ils comprennent que nous ne sommes pas obligées de leur remettre cet argent », a témoigné l’une des participantes.
À l’issue des échanges, les organisateurs se sont réjouis de la participation des citoyens et de la diversité des préoccupations exprimées.
« Les attentes ont été largement satisfaites, car nous avons entendu ce à quoi nous nous attendions. Nous avons écouté les cris de détresse des femmes, mais aussi ceux des hommes qui subissent quotidiennement des violences. Certaines personnes sont discriminées au sein de leur communauté en raison de leur handicap, de leur identité de genre ou encore de leur genre. Il y a donc énormément de problèmes. Nous avons pris en compte toutes les préoccupations exprimées par les femmes, les leaders religieux et les jeunes hommes », a fait savoir Mamady Camara.
Abordant les pistes de solutions aux problèmes soulevés par les participants, Mamady Camara a précisé que la démarche du consortium repose avant tout sur l’écoute et la recherche de solutions concertées.
« Notre premier message, c’est que face à un problème, celui qui le rencontre détient forcément une partie de la solution. Nous leur avons donc demandé si, face aux difficultés qu’ils ont exposées, ils avaient eux-mêmes des propositions de solutions. Certains ont estimé qu’il fallait organiser davantage de dialogues communautaires et des ateliers de sensibilisation afin que chacun puisse continuer à exprimer ses besoins et que des solutions consensuelles soient trouvées.
De notre côté, nous ne leur faisons aucune promesse. Il s’agit d’un dialogue communautaire dont l’objectif est de les écouter, de comprendre ce qu’ils subissent et de savoir ce qui se passe réellement au sein de leurs communautés », a conclu Mamady Camara.
Bhoye Barry pour guinee7.com
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