Censure

« Ce désordre doit s’arrêter » : Yacine Diallo appelle à assainir la presse

Conakry – À l’occasion de l’Assemblée générale constitutive de la Fédération patronale de la presse privée de Guinée, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Yacine Diallo, a lancé un appel sans détour à l’assainissement du secteur des médias.

Pour lui, la création de cette fédération doit marquer une nouvelle étape dans la structuration de la presse privée guinéenne. Mais cette dynamique devra surtout permettre de mettre fin à certaines pratiques qu’il juge préoccupantes.

Boubacar Yacine Diallo a notamment dénoncé la multiplication de médias créés avec des moyens limités, rappelant qu’avec un simple téléphone et une connexion Internet, « chaque journaliste est devenu aujourd’hui patron ».

Pour illustrer son propos, le président de la HAC a raconté le cas d’un promoteur d’une web TV sanctionnée par l’institution. Convaincu que le simple fait de disposer d’un cahier des charges suffisait à faire de lui un patron de média audiovisuel, le jeune promoteur aurait découvert, à la lecture des exigences réglementaires, l’ampleur des investissements nécessaires.

« Il a dit qu’il ne sera plus patron », a relaté Yacine Diallo, avant d’insister : « Ce désordre doit s’arrêter. Il ne doit pas y avoir de complaisance. »

Au-delà de la question des moyens financiers, le président de la HAC estime que la professionnalisation doit également concerner les journalistes. Il les invite à davantage de responsabilité, de discernement et de rigueur dans le traitement de l’information.

Pour Yacine Diallo, la presse ne peut défendre les intérêts de toutes les composantes de la société sans être elle-même capable de défendre et de structurer son propre secteur. La nouvelle Fédération patronale est ainsi appelée à jouer un rôle important aux côtés du syndicat des professionnels des médias dans ce processus d’assainissement.

« Un journaliste doit être modeste, il doit être discret, mais il doit en même temps être exigeant et ferme quand il est face à l’actualité », a-t-il déclaré, comparant le journaliste à « un chirurgien quand il est en face d’un malade ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guinee7.com