Censure

Administration guinéenne : 643 milliards GNF d’économies annoncées

La Fonction publique guinéenne veut tourner la page de la gestion des effectifs au profit de la compétence et du résultat : le ministre Faya François Bourouno annonce une nouvelle étape de la réforme administrative, avec l’évaluation des performances individuelles dès janvier prochain.

Conakry – Le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique a procédé, mercredi 28 octobre, aux chapiteaux du Palais du Peuple, à la restitution des textes et cadres organiques ainsi que du Référentiel des métiers et des compétences (RMC). Cette étape de la réforme vise à mieux structurer les services de l’État et à adapter les effectifs aux besoins réels de l’administration.

La cérémonie, présidée par le ministre Faya François Bourouno, a également été marquée par la présentation de « Foumba », une intelligence artificielle conçue pour accompagner la modernisation des services publics.

Les responsables techniques ont annoncé des avancées dans l’assainissement du fichier des agents de l’État, avec la suppression de 64 000 matricules fictifs selon les données présentées. Ils ont également fait état de 643 milliards d’économies réalisées entre 2024 et 2026. Sur les 905 structures recensées dans l’administration centrale, 646 disposent désormais de textes et cadres organiques validés.

Prenant la parole, Faya François Bourouno a souligné l’importance d’adapter les effectifs aux missions des départements ministériels. « Si vous imaginez, pour certains départements, le nombre d’agents que nous payons à leurs comptes, on se pose la question : est-ce que réellement ce département avait besoin de cet effectif ? Je prends un département comme Économie, Finances, Budget, ce département a environ 1 300 agents aujourd’hui que nous payons. Alors la question : est-ce que le cadre organique qui exprime le besoin en termes de postes et d’agents rime avec cet effectif ? »

Pour le ministre, cette réforme dépasse la simple réorganisation administrative et participe directement à la transformation économique du pays. « Le capital humain d’une nation ne se résume pas à sa jeunesse, à ses écoles et à ses centres de formation. (…), si l’administration qui doit l’accueillir est mal organisée, si les postes sont flous, si les carrières y sont aléatoires, ce talent (…) peut parfois s’enfuir. Voilà pourquoi la refondation de l’administration n’est pas un chantier parallèle au programme Simandou. Elle en est une condition essentielle. »

Le gouvernement prévoit également de lancer, dès janvier prochain, un chantier consacré à l’évaluation des performances individuelles. À ce sujet, le ministre a annoncé : « Notre souhait, c’est qu’en début d’année, chaque ministre assigne un contrat de performance à son secrétaire général, à sa cheffe de cabinet ou aux membres de son cabinet. (…), il faut aussi individualiser la responsabilité, parce que chaque individu occupe une fonction. »

Enfin, Faya François Bourouno a appelé à un changement profond des pratiques de gestion : « Nous passons progressivement d’une gestion des agents à une gestion des emplois et des compétences (…) et d’une logique de moyens où l’on mesure ce que l’on dépense à une logique de résultat où l’on mesure ce que l’on obtient. »

Cette orientation doit permettre de faire de la compétence, de la responsabilité et de la performance les piliers d’une administration publique plus efficace.

Bhoye Barry pour guinee7.com