Fria, ville sinistrée depuis la crise de son usine d’alumine, a trouvé à Lille un soutien de poids. Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a assisté à la fête des ressortissants de Fria en France. Il a salué leur solidarité envers les familles restées au pays et promis de porter leur voix au forum minier de Kassa, en novembre.
Venu en France accompagner les Ballets africains, qui ont ouvert le grand bal de Youssou Ndour à Bercy, où la Guinée était pays parrain, le ministre Moussa Moise Sylla a répondu à l’invitation des Friaka de Lille. Devant les sages de la communauté, des invités et le directeur de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), Karifa Condé, il a rappelé son lien personnel avec Fria, né dans le journalisme. En 2012, au plus fort de la crise, il y était pour le Fristival, le festival de la ville, et pour la sortie du single « Fria, relève-toi ».
« Il faut être patriote pour faire ce que vous faites »
L’ancien journaliste dit avoir tendu le micro, à plusieurs reprises, à des familles « brisées ». Il a remercié une diaspora qui, sans attendre que l’État fasse tout, finance une brouette ou un point d’eau potable. « Il faut être patriote pour avoir du temps à consacrer à ses concitoyens restés au pays », a-t-il lancé, citant les Friaka en exemple pour toute la diaspora.

Fria, une leçon pour l’après-Simandou
Pour Moussa Moïse Sylla, Fria ne doit pas seulement servir de leçon : il faut « réparer les erreurs » et anticiper l’après-Simandou. Les revenus miniers fluctuent au gré de cours que la Guinée ne maîtrise pas, et « la montagne de fer sera consumée par l’extraction », a-t-il rappelé. D’où le programme Simandou 2040, voulu par le président Mamadi Doumbouya pour bâtir des alternatives à l’extraction sur quinze ans. Ancien directeur de la communication de la présidence, il a raconté les négociations nocturnes qui ont imposé aux géants miniers un projet commun et un chemin de fer ouvert aux voyageurs et aux marchandises. Le Transguinéen et ses futures gares sont, selon lui, « la locomotive du développement ».
Musées, palais de la culture et assurance pour les artistes
Son département revendique une trentaine de projets inscrits dans Simandou 2040. Des musées et des centres culturels sont en chantier à N’Zérékoré, Faranah, Kankan, Boké, Kindia et Mamou. Le contrat du premier palais de la culture du pays a été validé par le ministère de l’Économie, du Budget et des Finances. « La culture, c’est l’économie », a insisté le ministre.
Grâce à l’application de la loi sur la copie privée, les artistes disposent d’une police d’assurance : soins, médicaments et examens gratuits, évacuation vers le Maghreb en cas de complication. Il a toutefois prévenu qu’un ministre « n’est pas un consul » : il ne peut pas obtenir de visa pour des soins en Europe. Autre geste : le Fristival, qui a plus de dix ans, reçoit désormais une attention particulière du ministère.
La voix de Fria attendue à Kassa
En définitive, le ministre s’est engagé à relayer les doléances entendues à Lille auprès des instances de décision. Au forum minier de novembre à Kassa, « premier contact de la Guinée avec l’histoire de l’exploitation de la bauxite », il veillera à ce que « la composante Fria soit une voix qu’on entend ».
Il a enfin appelé la diaspora à « resserrer les rangs » et à refuser la division. « Il n’y a pas des Guinéens et des sous-Guinéens », a-t-il martelé, avant de glisser que, par amitié, il est lui aussi « de Fria ».
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