Censure

Télécoms : ce que les régulateurs francophones ont décidé à Conakry

Trois jours de débats, trois tables rondes et un même défi : faire du numérique un service accessible à tous. À Conakry, le FRATEL clôt ses travaux avec un appel à passer des recommandations aux actes.

Conakry – Après trois jours de travaux, la 24e réunion annuelle du Réseau francophone de la régulation des télécommunications (FRATEL) a officiellement pris fin ce vendredi à Conakry. Réunis autour des enjeux de couverture numérique, de mutualisation des infrastructures et de développement des nouvelles technologies, les participants ont notamment pris part à trois tables rondes consacrées aux défis du secteur. À la clôture, les responsables ont insisté sur la nécessité de traduire les réflexions en résultats concrets pour les populations.

Dans son discours de clôture, Patricia Amand, membre du Conseil de régulation de l’ARTCI de Côte d’Ivoire et présidente élue du FRATEL pour 2027, a salué la vitalité du réseau et la qualité des échanges. Elle a notamment mis en avant plusieurs priorités : améliorer la couverture des territoires, renforcer la coordination entre les acteurs, mutualiser les infrastructures et consolider les mécanismes de contrôle des opérateurs.
« Il nous appartient désormais de traduire les enseignements de cette rencontre en actions concrètes, mesurables et coordonnées », a-t-elle déclaré.

Les discussions ont également porté sur les infrastructures numériques de demain, notamment les centres de données, dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et de l’informatique en nuage. Pour Patricia Amand, ces nouvelles infrastructures doivent répondre aux exigences de performance, de sécurité, de compétitivité et de durabilité.

De son côté, Adama Condé, directeur général adjoint de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) de Guinée, au nom de son directeur général, a résumé les principaux enseignements de la rencontre autour de trois impératifs : mesurer, partager et anticiper.

« On ne couvre pas ce que l’on ne mesure pas », a-t-il notamment souligné, insistant sur l’importance des données et des cartographies pour identifier les zones insuffisamment desservies.

Il a également rappelé qu’aucun pays ne pouvait relever seul les défis de la connectivité, plaidant pour le partage des infrastructures et une meilleure coopération entre les États. « Les infrastructures de demain se décident aujourd’hui », a-t-il ajouté, en référence aux enjeux liés aux centres de données, à l’énergie, au financement et à la sécurité.

Cette 24e réunion s’est achevée avec l’adoption du rapport d’activité 2026, du plan d’action 2027 et la mise en place du nouveau comité de coordination. Le Sénégal fait notamment son entrée dans cette instance en qualité de vice-président.

À travers cette rencontre organisée à Conakry, le FRATEL entend poursuivre le renforcement de la coopération entre les autorités francophones de régulation des télécommunications, avec un objectif commun : favoriser un accès plus inclusif, accessible et de qualité aux services numériques.

Ibrahima Sory Diallo pour Guinee7.com