Le Centre de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC) a lancé, ce samedi 7 novembre, au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), à Conakry, la troisième édition du Prix littéraire des lycéens de Guinée. Cette initiative réunira 160 élèves de neuf établissements scolaires autour de cinq romans d’auteurs guinéens, avec pour ambition de promouvoir la lecture et de développer l’esprit critique chez les jeunes.
De novembre 2026 à avril 2027, les participants auront plusieurs mois pour découvrir les œuvres sélectionnées, les étudier avec leurs enseignants et confronter leurs points de vue avant de voter pour leur roman préféré. L’auteur lauréat recevra une récompense d’au moins 10 millions de francs guinéens.

Pour Marie-Paule Huet, coordinatrice du prix, l’objectif va bien au-delà de la consécration d’un écrivain. « Notre but, c’est de faire lire des élèves, de les mettre en relation directe avec la littérature guinéenne actuelle. À travers leur travail, on se rend compte que les auteurs améliorent beaucoup les textes qu’ils proposent aux éditeurs », explique-t-elle. Elle souligne également l’originalité des thématiques abordées dans cette sélection, notamment l’inceste, le handicap et les relations interethniques. « Il y a quand même trois thématiques qui sont très intéressantes, très originales et qu’on ne voit pas souvent traitées ici », ajoute-t-elle.
Les cinq ouvrages en compétition sont : Les En-saignements du Bled de Maxim Sabin Dopavogui, L’Incurable Abîme d’un devoir moral de Mohamed Amine Conté, Terre et Mer de Mariam Dalanda Diallo, L’Abîme de la passion de Nantenin Camara Barry et Le Poids du regard d’Ibrahima Sorel Sidibé.

À l’ouverture de cette troisième édition, le directeur général du CELPAC, Bernard Pévé Béavogui, a rappelé le rôle fondamental du livre dans la construction intellectuelle de la jeunesse. « Jamais l’humanité n’a autant écrit, jamais elle n’a autant publié, et pourtant, nous prenons de moins en moins le temps de lire, de comprendre et de méditer. Or, nous devons lire, parce que lire, c’est nourrir son intelligence, enrichir son esprit et affiner son jugement », a-t-il déclaré.
S’adressant particulièrement aux élèves, il les a invités à faire preuve de discernement dans leurs lectures : « Ne choisissez pas un livre parce qu’il est célèbre. Ne choisissez pas un livre parce qu’on vous demande de l’aimer. Lisez, interrogez le texte, discutez, comparez. Laissez-vous surprendre. »
Soutenue par plusieurs partenaires et établissements scolaires, cette édition entend ainsi contribuer à faire du livre un instrument d’émancipation, de réflexion et de citoyenneté pour les jeunes Guinéens.
Bhoye Barry pour guinee7.com
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