Censure

GMD, futur gouvernement, ambitions politiques : l’UGDD se prononce

L’Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement (UGDD) fait partie des formations politiques ayant soutenu la candidature de Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Dans un entretien accordé à notre rédaction ce lundi 2 février 2026, son président, Pépé Francis Haba, s’est exprimé sur l’appel du Premier ministre Amadou Oury Bah invitant les partis politiques alliés à fondre leurs formations au sein du GMD. Il a également donné son avis sur le futur gouvernement attendu.

Récemment, le Premier ministre Amadou Oury Bah a demandé aux formations politiques ayant soutenu la candidature de Mamadi Doumbouya de fondre leurs partis au sein du GMD. Votre formation avait soutenu cette candidature. Allez-vous accepter cette demande ?

Pépé Francis Haba :  Alors, le premier ministre, on le sait, c’est un homme éminemment politique. Il est donc difficile de décoder tous les contours de certaines de ces communications. Cela dit, effectivement, nous avons, en tant que parti politique, l’Union Guinéenne pour la démocratie et le développement, nous avons soutenu avec notre coalition, la coalition pour la mouvance présidentielle, dont je suis le porte-parole, nous avons soutenu activement l’élection du président de la République, Mamadi Doumbouya. Et je pense que la communication du PM est une main tendue, une main tendue vers les mouvements de soutien et vers les partis politiques pour, n’est-ce pas, créer un nouveau parti politique mieux organisé, beaucoup plus fort, beaucoup plus renforcé, puisque le paysage sociopolitique guinéen nécessité, n’est-ce pas, de telles formations politiques qui sont capables, n’est-ce pas, de diriger, dans le temps, notre pays à l’intérieur et de la compétition réelle.

Cependant, je pense qu’il fallait, avant de faire de telles communications, engager un véritable dialogue de négociation avec les formations politiques alliées, et de façon à ce qu’on puisse avoir les tenants et les aboutissants. Nos militants et sympathisants qui ont créé l’UGDD, qui ont créé nos différents partis politiques, sont très attachés, n’est-ce pas, à leur président, et compte tenu, n’est-ce pas, du paysage et de la morphologie, on va dire, sociopolitique du pays. Il y a beaucoup de trahison, beaucoup de transhumance. C’est pourquoi l’attachement, n’est-ce pas, de ces militants à leur président et à leur couleur. Et donc, pour moi, c’est peut-être d’un côté une bonne chose de créer un parti beaucoup plus renforcé, avec des alliés à l’intérieur, mais de l’autre côté, ça peut aussi ne pas être, malheureusement, une bonne chose, parce que vous savez que les disputes, les différents sont inhérents, n’est-ce pas, au fonctionnement de toutes les institutions. Et quand ça va arriver, les militants qui ne vont pas se retrouver, n’est-ce pas, dans cette grande formation politique, ils pourraient se diriger vers les autres partis politiques qui ne sont pas avec nous. Il faudra que le Premier ministre accepte aussi certains leaders qui souhaiteraient garder leur identité, pour, n’est-ce pas, être des alliés. Parce qu’il ne faudra pas que ceux qui n’acceptent pas, n’est-ce pas, le fond de leur parti politique soient considérés comme des adversaires. Ils sont aussi des alliés, comme on l’a été pendant la présidentielle.

Vous parlez d’une main tendue du Premier ministre. Allez-vous y répondre ?

Vous savez, nous, en tant qu’acteurs politiques, on ne peut pas s’opposer d’entrée, n’est-ce pas, à une main tendue, surtout celle du PM. Et la main tendue, n’est-ce pas, certainement, cette communication découle de ces rencontres avec le Président et avec le CNRD qui dirige le pays.

Maintenant, je pense qu’il faudrait plutôt rester ouvert, aller regarder les tenants et les aboutissants. Nous, par exemple, à l’IGDD, c’est le Congrès. Le Congrès peut décider, n’est-ce pas, de la dissolution ou de la fusion de partis politiques à d’autres. Cela dit, même si, en tant que Président, je voulais tout de suite le faire, il faudrait qu’il y ait un Congrès extraordinaire. Ce sont plusieurs éléments qui nécessitent, j’ai dit tantôt, un dialogue, des échanges francs avec le PM, avec la GMD, de façon à ce que les uns et les autres soient rassurés de venir ou pas.

En attendant ce congrès, restez-vous une formation alliée au GMD ?

Nous restons une formation politique alliée puisqu’il faut un consensus, dégagé pendant un congrès ou, en tout cas, une université du parti.

Un commentaire sur le futur gouvernement attendu dans les heures ou jours à venir ?

Pour moi, ce doit être un gouvernement de résultats, comme beaucoup d’acteurs politiques le souhaitent.
Nous avons fait campagne en défendant le bilan du Président de la République et son pragmatisme, le pragmatisme avec lequel il a géré le pays, la célérité avec laquelle les infrastructures sociaux de base sont en train d’être construites. Il y a eu d’autres promesses. Il y a eu, notamment, là où j’ai fait campagne, dans la région de N’Zérékoré, en Guinée-Forestière, il y a eu le poste de plusieurs pierres. Nous avons défendu, n’est-ce pas, son programme de société. Il y a des promesses. Il faudrait un gouvernement, n’est-ce pas, capable de traduire ces promesses-là, la vision-là, dans les résultats.

On parle de croissance guinéenne, et même si cette croissance sera de chiffres, même si on a quadruplé le budget de la Guinée depuis quatre ans, ce qui est une prouesse, il faudrait que, n’est-ce pas, cette croissance-là, ce développement-là, se traduise, n’est-ce pas, dans le quotidien du Guinée, dans l’amélioration des conditions de vie, dans l’amélioration du panier de la nature. C’est seulement dans ce cadre-là qu’on parlera, n’est-ce pas, de partage équitable des richesses du pays.

Souhaitez-vous être ministre dans le futur gouvernement ?

Vous savez, le président est le seul qui détient ce pouvoir discrétionnaire. Et même si je le voudrais, il faudrait qu’il me considère comme capable, n’est-ce pas, d’être responsable d’une partie de ses pouvoirs et de traduire sa vision dans des actes concrets. Et pour le moment, nous restons acteurs politiques et nous sommes beaucoup plus engagés au niveau des postes électifs que des postes nominatifs.

Une semaine après la nomination du Premier ministre, le gouvernement n’est toujours pas formé. Peut-on dire que le choix des ministres est difficile ?

Oui, la fonction présidentielle est une fonction assez compliquée. Nous voyons dans d’autres pays, quand les présidents viennent jeunes, en quelques années, ils ont des cheveux gris. Je pense que c’est difficile, étant donné que ça a été un engouement national. C’est pratiquement tout le peuple de Guinée qui s’est levé, tous les leaders d’opinion, pratiquement l’écrasante majorité des partis politiques, même ceux qui ont été candidats, d’autres n’ont pas été candidats, parce que pour la forme, on ne les a pas vus faire une véritable campagne sur le terrain.

Vraiment, le choix pourrait être difficile. Mais encore une fois, c’est un homme serein, un homme ambitieux pour la Guinée, ambitieux, n’est-ce pas, pour la population guinéenne. Je pense qu’il saura choisir les hommes qu’il faut, qui pourraient traduire sa vision, son programme de société pour aider la Guinée à sortir de la situation stagnante dans laquelle elle se trouve depuis des dizaines d’années.

Entretien réalisé par Bhoye Barry pour guinee7.com