Dans une salle de classe animée d’un collège privé à Ansoumania Village, un élève se tient debout devant ses camarades. Papier en main, regard concentré, il présente le fruit de plusieurs jours de recherche. Dans la salle, un grand silence règne pendant que les autres élèves suivent attentivement. Cette scène, familière dans de nombreux établissements guinéens, est celle de l’exposé.
Dans l’enseignement pré-universitaire en Guinée, cette pratique pédagogique occupe une place importante. Elle permet aux élèves de quitter le simple rôle d’auditeur pour devenir acteurs de leur propre apprentissage.
Fatoumata Binta Sow, élève en classe de 7e année, se souvient de sa première expérience au tableau : « Au début, j’étais très inquiète. Mais en préparant l’exposé avec mes camarades, j’ai compris beaucoup de choses sur le sujet. Maintenant, j’aime bien cet exercice parce qu’il nous apprend à parler devant les autres », confie-t-elle avec un sourire.
À ses côtés, Bruno Kpoghomou partage le même enthousiasme. Pour lui, les exposés permettent surtout de mieux comprendre les leçons.
« Quand on prépare un exposé, on lit plusieurs documents et on discute entre nous. Cela nous aide à retenir plus facilement les informations », explique-t-il.
Du côté des enseignants, cette méthode est perçue comme un moyen de rendre les cours plus dynamiques. Ansoumane Camara, professeur de français, souligne : « L’exposé permet aux élèves de développer leur esprit de recherche et leur capacité d’expression. Ils apprennent aussi à présenter clairement leurs idées devant la classe ».
Mais la pratique n’est pas sans difficultés. Abdoulaye Diallo, professeur d’histoire, évoque les réalités auxquelles certains élèves sont confrontés : « Tous les élèves n’ont pas accès aux mêmes ressources pour préparer leurs exposés. Certains manquent de documents ou de téléphone, ils partent parfois dans des cybers où le travail fait est vague. C’est pourquoi nous sommes parfois obliger de les orienter ».
Malgré ces défis, les exposés continuent de gagner du terrain dans les établissements scolaires guinéens. Peu à peu, les élèves apprennent à argumenter, à écouter et à partager leurs connaissances.
Alh Cheick pour Guinée7.com
