Ce mardi 19 mai 2026, à la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), s’est tenu le procès de Fatoumata Traoré, Bintou Doumbouya, Sékou Keïta et Fayala Traoré. Ils sont poursuivis pour des faits présumés d’escroquerie, d’abus de confiance, de complicité de faux et d’usage de faux.
Pour la première fois dans cette affaire, les prévenus Fatoumata Traoré et Sékou Keïta se sont présentés devant la chambre des appels de la CRIEF. Les autres ont, une nouvelle fois, brillé par leur absence. Après leur identification par la Cour, Fatoumata Traoré, considérée comme la principale mise en cause, a été la première à faire sa déposition.
À la barre, elle a expliqué avoir obtenu, en 2009, un contrat de fourniture d’équipements militaires à l’armée guinéenne. Elle a indiqué avoir livré des tenues militaires ainsi que des matelas d’une place.
« C’est Me Ouattara qui faisait tout à ma place. Même lorsque je voyais certaines choses, je lui laissais tout, y compris mes cachets », a affirmé Fatoumata Traoré, avant de reconnaître que Me Ouattara avait financé la fourniture des équipements militaires.
Alors que la prévenue poursuivait sa déposition, le procureur spécial a pris la parole pour faire des observations au nom du ministère public. « Il y a un problème au niveau de l’interprétation », a déclaré Alphonse Charles Wright.
À ce stade de la procédure, il a ensuite sollicité, au nom du ministère public, la comparution de la partie civile représentée par Me Ouattara. Selon Charles Wright, il est important de comprendre dans quelles circonstances les montants ont été remis à la prévenue et à quelle fin.
Du côté de la partie civile, les avocats se sont opposés à cette requête du parquet. « S’il y a un problème d’interprète, qu’on en trouve un autre », a lancé l’un d’entre eux.
Cette position a également été soutenue par la défense. Selon elle, il n’est pas question de faire comparaître le plaignant avant la fin des dépositions des prévenus.
Dans la foulée, la défense a formulé une demande auprès de la Cour. « Nous sollicitons que les motifs ayant fondé l’appel nous soient exposés », a déclaré Me Lanciné 3 Doumbouya.
En réponse, le parquet et la partie civile ont estimé qu’il n’était pas nécessaire de revenir sur cette question, au motif qu’elle avait déjà été abordée lors de l’audience précédente.
« Ils ont été régulièrement cités à comparaître devant la Cour. Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils peuvent venir invoquer cela. Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. C’est ce que nous avons soutenu. On ne peut pas être régulièrement cité et, le jour de l’audience, demander encore que les motifs déjà exposés soient repris. Nous avons estimé qu’il s’agit d’une manœuvre dilatoire », a déclaré Me Amadou Bah, avocat du plaignant Aboubacar Ouattara.
À l’issue des débats sur ces différentes requêtes, le juge Francis Kova Zoumanigui a rassuré les parties sur le respect du principe du contradictoire, rappelant que « le procès pénal n’est pas un spectacle ». Il a ensuite renvoyé l’audience au mardi 26 mai pour la désignation d’un interprète et la poursuite des débats.
Bhoye Barry pour guinee7.com
