Conakry – À l’occasion de sa troisième conférence de presse de l’année, organisée ce jeudi au siège de Rio Tinto|SimFer à Coleah, dans la commune de Matam, les responsables de SimFer ont fait le point sur l’état d’avancement du projet Simandou. Entre progression des infrastructures, montée en puissance des opérations minières et retombées économiques pour la Guinée, l’entreprise assure que le projet continue d’évoluer conformément à son calendrier.
Ouvrant la rencontre, le directeur général de SimFer, Chris Aitchison, a salué la présence des journalistes avant de rappeler l’objectif de cette conférence. « Cette rencontre représente une nouvelle occasion de partager avec vous les avancées du Projet Simandou, alors que nous poursuivons notre transition de la phase de construction des infrastructures vers la phase d’exploitation », a-t-il déclaré.
Le responsable a indiqué que les derniers mois ont été marqués par une accélération des activités sur l’ensemble du projet. « Au cours des derniers mois, nous avons maintenu une forte dynamique sur l’ensemble du projet, avec une montée en puissance progressive des opérations, une augmentation des expéditions de minerai et des infrastructures majeures qui continuent d’avancer conformément à nos prévisions », a expliqué Chris Aitchison.
Des infrastructures qui progressent
Selon le directeur général de SimFer, les travaux de construction enregistrent une évolution significative. « Les travaux de construction de la mine SimFer et des infrastructures portuaires ont désormais dépassé les trois quarts de leur réalisation, tandis que la mise en service complète des infrastructures ferroviaires a été achevée au premier trimestre », a-t-il affirmé.
Il a également mis en avant les performances enregistrées au cours du deuxième trimestre 2026. « Seulement au cours du deuxième trimestre, SimFer a expédié 1,6 million de tonnes de minerai de fer vers la Chine, totalisant les expéditions totales du premier semestre à 2,2 millions de tonnes. Les premières livraisons à nos clients en Chine se poursuivent avec succès et avec une teneur moyenne en fer de 65,8 %, confirmant la qualité exceptionnelle du minerai de Simandou », a-t-il souligné.
Chris Aitchison a par ailleurs précisé que la production poursuit également sa progression avec « 700 000 tonnes de minerai de fer produites au deuxième trimestre », portant la production du premier semestre à « 1,2 million de tonnes ».
Une mise en service maintenue pour 2027
Sur le chantier minier, le responsable a indiqué que les travaux avancent conformément aux prévisions. « La construction de la mine SimFer progresse conformément au calendrier et est aujourd’hui achevée à environ 77 % », a-t-il déclaré, ajoutant que « la mise en service de notre concasseur primaire est toujours prévue pour le quatrième trimestre 2026 ».
Concernant les installations portuaires, Chris Aitchison a assuré que « les infrastructures portuaires et maritimes de SimFer poursuivent leur progression conformément aux prévisions, avec un niveau d’avancement d’environ 85 % », avant de confirmer que « la mise en service du port SimFer demeure prévue au premier trimestre 2027 ».
Des retombées économiques mises en avant
Au-delà des infrastructures, SimFer affirme poursuivre ses investissements en faveur du contenu local et du développement des compétences. « Nous restons pleinement engagés à créer une valeur durable pour la Guinée et les communautés impactées par le projet », a déclaré Chris Aitchison, rappelant notamment l’inauguration d’un Centre d’inclusion numérique à Beyla, le soutien à des périmètres maraîchers, la formation de jeunes diplômés ainsi que le recrutement d’une nouvelle cohorte d’apprentis composée à 50 % de femmes.
Le directeur général a également indiqué que les activités minières, ferroviaires et portuaires mobilisent désormais « 19 460 personnes, avec un taux de participation guinéenne de 76 % ».
Dans son communiqué distribué à la presse, SimFer précise également avoir consacré 210,5 millions de dollars américains aux fournisseurs et entreprises guinéennes depuis le début de l’année 2026, dans le cadre de sa politique de contenu local.
Chris Aitchison s’est voulu rassurant quant à la suite du projet. « Ces réalisations confirment que le projet demeure pleinement en bonne voie alors que nous poursuivons notre montée en puissance vers notre capacité annuelle de production de 60 millions de tonnes. La pleine production reste prévue pour le second semestre 2028 », a-t-il conclu.
En guise de conclusion, les responsables de Rio Tinto|SimFer ont présenté le nouveau directeur des opérations, Gomba, entré en fonction en mai 2026. Fort de plus de vingt années d’expérience dans l’industrie minière, notamment au sein de Rio Tinto en Afrique du Sud, il aura la responsabilité de piloter la préparation opérationnelle et d’accélérer la montée en puissance des activités minières de Simandou.
À son tour, le directeur pays de Rio Tinto, Aboubacar Koulibaly, a dressé les perspectives économiques du projet, qu’il considère comme un véritable levier de transformation pour la Guinée. « Cela va être une opportunité unique pour transformer le pays en termes de ressources publiques qui seront générées par les deux mines », a-t-il souligné, avant de rappeler que les projets de SimFer et de Winning consortium représenteront d’importantes sources de revenus pour l’État.
Le responsable a ensuite insisté sur les retombées attendues pour les entreprises guinéennes grâce à la politique de contenu local. « Ce sont plusieurs milliards de dollars qui seront investis dans des entreprises guinéennes. Cela permettra à ces entreprises d’employer davantage de Guinéens et de créer plus de richesses », a-t-il indiqué.
Pour Aboubacar Koulibaly, toutefois, l’héritage le plus durable de Simandou ne se mesurera pas uniquement en infrastructures ou en investissements, mais surtout dans le développement des compétences nationales. « Notre objectif est de voir demain des Guinéens devenir des dirigeants comme Chris ou Kox, gérer Simandou puis exporter leur expertise à l’international. C’est cela le véritable héritage », a-t-il déclaré.
Le directeur pays de Rio Tinto a enfin mis en avant les standards internationaux appliqués par le groupe en matière de gouvernance, de transparence, d’intégrité et de performance environnementale. Selon lui, ces bonnes pratiques devront constituer un legs durable pour le secteur privé guinéen. « Nous voulons laisser à la Guinée des entreprises capables d’être compétitives sur le plan international, grâce aux meilleures pratiques en matière de gouvernance, de transparence et d’intégrité », a-t-il conclu.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
