À l’occasion de la Journée internationale de la photographie, célébrée ce 19 août, nous donnons la parole à Thierno Madiou Diallo, plus connu sous le nom de Tolo Photography. Ce jeune passionné met depuis plusieurs années son objectif au service du football guinéen et africain. Dans cet entretien réalisé lors de notre passage à Kankan, il revient sur son parcours, l’évolution de la photographie en Guinée, les défis auxquels sont confrontés les professionnels du secteur, ainsi que sur sa distinction aux Oscars de la Photographie Africaine et ses ambitions pour l’avenir.
Comment êtes-vous devenu photographe et qu’est-ce qui vous a attiré dans ce métier ?
Je suis devenu photographe par passion et par amour de l’image. Au départ, j’étais surtout attiré par la capacité d’une photographie à raconter une histoire sans avoir besoin de beaucoup de mots. Le sport m’a naturellement conduit vers la photographie sportive, parce qu’il offre des émotions fortes, des moments imprévisibles et des instants uniques qu’il faut savoir saisir au bon moment.

Avec le temps, j’ai appris, je me suis formé et j’ai multiplié les expériences sur les terrains. Aujourd’hui, la photographie est pour moi bien plus qu’un métier : c’est une manière de raconter le sport et de valoriser ceux qui le font vivre.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la photographie en Guinée ?
Je pense que la photographie guinéenne connaît une évolution importante. Nous avons aujourd’hui de nombreux jeunes de mon âge qui sont vraiment talentueux et qui s’intéressent à la photographie, à la vidéo et à la création de contenu. Les réseaux sociaux ont également permis aux photographes de mieux exposer leur travail et d’atteindre un public beaucoup plus large contrairement à nos aînés.
Nous avons encore du chemin à parcourir, notamment en matière de formation, de professionnalisation, d’accès au matériel et de reconnaissance du métier. Je reste néanmoins optimiste, car je vois une nouvelle génération très motivée et créative.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels les photographes guinéens sont confrontés ?
Le premier défi reste l’accès au matériel professionnel. La photographie en générale exige des équipements performants, mais surtout sportive avec notamment des boîtiers rapides, des téléobjectifs lumineux, des ordinateurs adaptés au traitement des images et des solutions de stockage.
Il y a également la question de la rémunération et de la reconnaissance du travail du photographe en activité professionnelle. Derrière une belle image, il y a du temps, des déplacements, du matériel, de la formation et beaucoup d’investissement personnel.
Nous de la jeune génération devons continuer à renforcer nos capacités à travers la formation et la structuration du secteur afin que notre activité soit davantage considérée comme un véritable métier et une profession à part entière.
Quel message adressez-vous aux jeunes qui souhaitent se lancer dans la photographie ?
Je leur dirais de croire en eux et surtout de ne pas avoir peur de commencer avec les moyens dont ils disposent. Le matériel est important, mais la vision, la créativité, la discipline et la capacité à apprendre sont encore plus importantes. Il faut se former, pratiquer régulièrement, accepter les critiques et chercher constamment à progresser. Il faut également respecter son métier, respecter les autres professionnels et construire progressivement son identité.
Je leur dirais surtout : ne cherchez pas à être meilleur que les autres, cherchez chaque jour à devenir une meilleure version de vous-même.
Que représente pour vous la Journée internationale de la photographie ?
La Journée internationale de la photographie, célébrée chaque 19 août, représente pour moi une journée de reconnaissance et de célébration de tous ceux qui utilisent l’image pour raconter, témoigner et transmettre des émotions.

En tant que photographe sportif guinéen, c’est également l’occasion de rendre hommage à tous les photographes qui travaillent souvent dans l’ombre pour immortaliser les grands moments de nos événements. Pour moi, cette journée rappelle surtout que derrière chaque photographie se trouve une histoire, une émotion et un regard.
Vous avez été lauréat des Oscars de la Photographie. Qu’est-ce que cette distinction représente pour vous ?
Cette distinction représente une immense fierté et une grande reconnaissance de mon travail. Être retenu parmi les photographes distingués aux Oscars de la Photographie Africaine est une motivation supplémentaire pour continuer à progresser et à représenter dignement la Guinée. Je considère cette reconnaissance comme une récompense, mais surtout comme une responsabilité. Elle m’encourage à travailler davantage, à élever mon niveau et à montrer que les photographes guinéens ont leur place sur la scène africaine et internationale.
Je remercie toutes les personnes qui m’ont accompagné et soutenu dans mon parcours. Cette distinction n’est pas seulement celle de Tolo Photography, elle est aussi une source de fierté pour la photographie sportive guinéenne.
Enfin, qu’est-ce que vous comptez faire pour la suite ?
Pour la suite, je souhaite continuer à me professionnaliser, à me former davantage et à développer mon travail dans la photographie sportive. Mon ambition est de couvrir davantage de compétitions nationales, africaines et internationales, tout en construisant une véritable identité autour de Tolo Photography. Je souhaite également transmettre mon expérience aux plus jeunes photographes et contribuer, à mon niveau, au développement de la photographie en Guinée.
Mon objectif est clair : porter encore plus haut les couleurs de la Guinée à travers la photographie sportive et faire de l’image un véritable outil de promotion de notre sport et de nos talents.
Entretien réalisé par Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com
