Conakry – Le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) a tenue, ce mercredi, la première session du comité de pilotage du projet Agora Civique Guinée. Financé par l’ambassade du Royaume-Uni en Guinée pour une durée de trois ans, ce programme vise à renforcer le dialogue entre les pouvoirs publics et la société civile afin de promouvoir la bonne gouvernance et prévenir les conflits. La rencontre a mobilisé des représentants des départements ministériels, des institutions de la République dont l’Assemblée nationale et la cour des comptes, des organisations de la société civile et du partenaire financier britannique. Elle marque le démarrage du dispositif de pilotage d’un projet dont l’exécution est prévue de juillet 2026 à juin 2029, dans six zones : Conakry, Boké, Kindia, Labé, Kankan et Nzérékoré.

Pour le président du CNOSCG, Gabriel Haba, le projet Agora Civique Guinée entend instaurer un dialogue permanent entre les citoyens, leurs représentants et les pouvoirs publics afin que les décisions publiques prennent davantage en compte les réalités vécues par les populations. « Le projet Agora Civique Guinée, c’est un projet qui fait la promotion du dialogue, de la concertation entre les acteurs publics et les acteurs de la société civile. Parce que qui parle de gouvernance parle aussi des citoyens. Et la représentation citoyenne, ce sont ces acteurs qui dialoguent avec l’État, les représentants de l’État et les acteurs de la société civile pour trouver des solutions aux préoccupations existentielles des populations. Quand des partenaires de la Guinée s’engagent à accompagner la société civile, c’est d’abord accompagner l’État guinéen, parce que nous travaillons ensemble. Le premier partenaire du gouvernement, c’est la société civile, parce que c’est la société civile qui transmet au gouvernement les préoccupations des populations », a-t-il souligné.
Selon lui, les difficultés de communication entre les gouvernants et les gouvernés peuvent contribuer à l’apparition de tensions dans les communautés. Le projet doit ainsi permettre de renforcer les échanges entre les autorités locales et les citoyens dans les zones concernées. « La finalité du projet Agora Civique, c’est la prévention, c’est réduire les conflits dans nos communautés. Et l’une des raisons principales des conflits, c’est lorsque autour de la gouvernance, il y a des mésententes entre gouvernants et gouvernés », a précisé Gabriel Haba.

Le Représentant le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Mamadou Bilal Baldè a transmis le message de la ministre, qui a rappelé l’importance du dialogue et de la participation citoyenne dans la conduite des affaires publiques. « La Guinée a besoin de dialogue sincère, de transparence et d’engagement citoyen pour bâtir un avenir où chaque voix compte et où les institutions œuvrent pour l’intérêt général des Guinéennes et des Guinéens », a-t-il indiqué au nom de la ministre.

Partenaire financier du projet, l’ambassade du Royaume-Uni en Guinée a salué la tenue de cette première session du comité de pilotage. Son représentant, Saikou Diallo, a mis en avant l’importance de la participation des différentes parties prenantes dans la réalisation des objectifs fixés. « Pour l’ambassade britannique, les thématiques portées par le projet Agora Civique Guinée rejoignent des valeurs auxquelles le Royaume-Uni accorde une grande importance : la gouvernance inclusive, la participation citoyenne, le dialogue constructif entre les institutions et la société civile, la redevabilité ainsi que la participation de toutes les composantes de la société au processus qui les concerne », a-t-il affirmé.
Le représentant de l’ambassade a particulièrement insisté sur la nécessité de traduire le principe d’inclusion en actions concrètes tout au long de l’exécution du programme. « Nous considérons que l’inclusion ne doit pas seulement être un principe affiché, elle doit être visible et effective tout au long de la mise en œuvre du projet, depuis la planification des activités jusqu’au suivi et à l’évaluation des résultats ».

La Présidente du comité de pilotage et représentante de l’Assemblée nationale, l’honorable Salematou Yansané a rappelé les responsabilités de ce comité dans l’orientation, la supervision et le suivi du projet Agora Civique Guinée. « Le Comité de pilotage constitue un organe stratégique d’orientation, de supervision et de prise de décisions majeures pour la bonne mise en œuvre du projet. Il doit veiller à la cohérence des interventions, à l’atteinte des résultats attendus, à l’utilisation efficiente des ressources et au respect des engagements pris », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que cette première session représente une étape importante pour définir les priorités opérationnelles et établir les outils nécessaires au suivi des activités. Les travaux doivent notamment porter sur l’examen et la validation du plan de travail et budget annuel ainsi que du plan de suivi-évaluation pour la période 2026-2027. « Ces documents constituent des instruments fondamentaux pour guider nos interventions, définir les priorités opérationnelles, programmer les activités, assurer une allocation cohérente des ressources et mesurer objectivement les progrès accomplis ».
Durant les trois années d’exécution, les différents acteurs devront travailler de concert dans les zones ciblées afin de promouvoir la concertation, la transparence et la redevabilité. Pour le CNOSCG et ses partenaires, l’enjeu est de faire du dialogue un levier de prévention des tensions et de consolidation de la confiance entre les populations et les institutions publiques.
Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com
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