Censure

Faranah : la colère éclate après la mort d’un étudiant de l’ISAV, la direction apporte des précisions

Victime d’un malaise sur un terrain de football, Morlaye Clavère Mahomou est décédé après son transfert à l’hôpital régional. Alors que des étudiants dénoncent les circonstances de sa prise en charge et qu’une somme de 30 000 GNF est évoquée, un proche du défunt appelle à l’apaisement, tandis que l’ISAV donne sa version.

Guinée- Le décès de Morlaye Clavère Mahomou, étudiant en première année à l’Institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah (ISAV), a provoqué une vive émotion au sein de la communauté estudiantine. Alors que des étudiants ont manifesté devant l’hôpital régional, un proche du défunt appelle à l’apaisement et demande de ne pas laisser la polémique autour d’une somme de 30 000 francs guinéens prendre le dessus sur le deuil.

L’émotion et la colère ont marqué la matinée du mercredi 28 octobre 2026 devant l’hôpital régional de Faranah. Selon le site courrierregional.com, des étudiants s’y sont mobilisés pour dénoncer les circonstances du décès de l’un des leurs, Morlaye Clavère Mahomou, inscrit en première année de licence (L1) au département d’Économie rurale, programme Gestion des entreprises agricoles, à l’ISAV.

Selon un communiqué publié ce mercredi par la direction générale de l’établissement, le jeune étudiant aurait été victime d’un malaise aux environs de 17 heures, le mardi 27 octobre, alors qu’il se trouvait sur le terrain de football du quartier Faranah-Koura. Après sa chute, ses camarades l’auraient transporté au service des urgences de l’hôpital régional, où le personnel médical aurait constaté son décès dès son arrivée.

Mais les circonstances de cette prise en charge ont suscité des réactions au sein de la communauté estudiantine. Selon des informations rapportées par Courrierregional.com, la mobilisation devant l’hôpital est notamment liée à une somme de 30 000 francs guinéens qui aurait été réclamée avant la prise en charge du jeune homme.

À ce stade, les éléments transmis ne permettent toutefois pas d’établir de manière indépendante les circonstances exactes de cette réclamation ni son éventuel lien avec le décès.

Un proche appelle à l’apaisement

Alors que la polémique prenait de l’ampleur, Ouo-Ouo Mory Nowai Camara, qui se dit frère du défunt s’est exprimé sur le décès du jeune étudiant. Il a appelé à ne pas laisser cette controverse diviser.

Dans son message de deuil, il a tenu à remercier la direction de l’ISAV, le personnel médical de l’hôpital régional de Faranah ainsi que les camarades de la victime pour leur mobilisation. « Merci infiniment à la direction de l’ISAV et le corps médical de l’hôpital régional de Faranah qui ont fait le maximum de leur mieux, mais le bon Dieu fait toujours ce qui est bon », a-t-il écrit.

Le proche du défunt a également salué la présence des étudiants auprès de leur camarade depuis l’annonce du drame. « Merci à ses camarades estudiantines depuis hier jusqu’à présent ils sont sur pieds. Que le bon Dieu vous récompense tous », a-t-il ajouté.

S’agissant de la controverse autour des 30 000 francs guinéens, il a lancé un appel à l’apaisement, insistant sur le souhait de la famille de traverser cette épreuve dans la sérénité. « Donc pour l’amour de Dieu et nous sommes tous croyants, laissez tomber le problème de 30 000 GNF », a-t-il demandé.

Selon ce proche, le rapport médical de l’hôpital régional aurait attribué le décès à une crise cardiaque. « Mon jeune frère est mort par la suite d’une crise cardiaque, d’après ce que le rapport médical de l’hôpital régional de Faranah nous a dit », a-t-il précisé.

Le rapport médical attendu

De son côté, la direction générale de l’ISAV a indiqué que le rapport médical détaillant les circonstances du décès était en cours de finalisation et qu’il serait publié dès sa disponibilité.

Dans son communiqué daté du 28 octobre 2026, la direction, conduite par la professeure Mabetty Touré, a exprimé sa profonde tristesse et présenté ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches, à ses camarades étudiants ainsi qu’à l’ensemble du peuple de Guinée.

La direction a également indiqué que le corps du jeune étudiant devait être transféré à Conakry, la prise en charge de ce déplacement ayant été assurée par l’établissement, selon le message de son proche.

En attendant la publication du rapport médical annoncé, le décès de Morlaye Clavère Mahomou laisse une communauté estudiantine endeuillée, sur fond de questions relatives à sa prise en charge. Les éléments disponibles ne permettent pas, pour l’heure, de tirer de conclusion définitive sur les responsabilités éventuelles dans cette affaire.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com