Censure

CRIEF : 32 milliards GNF, un terrain à Yattayah et 800 millions dans les caisses… Ahmed Sékou Traoré s’explique

Entendu ce lundi 2 novembre, l’ancien président de la délégation spéciale de Ratoma a rejeté les accusations de détournement présumé et expliqué l’utilisation des 14,6 milliards GNF reçus de l’ANAFIC. La suite des débats est prévue le 16 novembre.

Conakry- Le procès d’Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la délégation spéciale de la commune de Ratoma, et de Mohamed Camara, receveur communal, s’est ouvert ce lundi 2 novembre 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Les deux prévenus sont poursuivis pour des faits présumés de corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, portant sur un montant de 32 milliards de francs guinéens. Ils comparaissent libres.

À cette première audience consacrée aux débats, Ahmed Sékou Traoré a été appelé à la barre pour répondre aux accusations portées contre lui. Face aux magistrats, l’ancien responsable communal a d’emblée contesté les faits qui lui sont reprochés. « je ne reconnais pas les faits », a-t-il déclaré au président de la cour, Alpha Camara.

Invité à présenter sa version des événements, le prévenu a expliqué que c’est par le biais des réseaux sociaux qu’il aurait découvert l’existence de ces accusations : « c’est sur les réseaux sociaux que j’ai appris avoir détourné un montant de 32 milliards de gnf. C’est ainsi que j’ai été convoqué à la police avant de me retrouver devant vous aujourd’hui ».

L’interrogatoire s’est ensuite orienté vers sa situation professionnelle et financière durant son passage à la tête de la commune de Ratoma, entre 2024 et 2026. Interrogé sur la durée de ses fonctions et ses revenus mensuels, Ahmed Sékou Traoré a répondu : « j’ai fait 23 mois à la tête de la commune. Mon salaire variait de 5 millions à 10 millions gnf ».

Le président de la juridiction a également voulu savoir si l’ancien responsable communal possédait des biens immobiliers et des comptes bancaires. À ce sujet, il a affirmé : « je n’ai pas de compte bancaire. Je n’ai qu’ un seul terrain, situé à Yattayah que j’ai acheté en 2017 pour un montant de 75 millions de gnf ».

Face à cette déclaration, Alpha Camara lui a rappelé que la cour disposait de moyens pour procéder à des vérifications. Une possibilité que le prévenu dit ne pas contester. « Oui, je le sais. Vous pouvez le vérifier, monsieur le président », a-t-il assuré.

Les réalisations financées par l’ANAFIC au cœur des échanges

Une autre partie de l’interrogatoire a porté sur les 14 milliards 627 millions de francs guinéens attribués à la commune de Ratoma par l’Agence nationale de financement des collectivités (ANAFIC). Questionné sur l’utilisation de cette enveloppe, Ahmed Sékou Traoré a soutenu que les fonds avaient servi à financer plusieurs projets d’infrastructures et d’équipements publics. « Nous avons bénéficié de ces 14 milliards 627 millions donnés par l’Anafic grâce à des projets que nous avons mis en place. Il s’agit de la construction d’une école primaire à Hamdallaye 2, de la construction du centre de santé de Kaporo et du carrelage de l’enceinte de la maison des jeunes de Taouyah. Nous avons aussi dèsenclavé une route à Ratoma centre. De plus, nous avons construit les toilettes à l’école primaire de Taouyah, à l’école primaire de Kaporo centre et au collège kipe. Nous avons aussi réalisé des travaux au marché de Kaporo ».

Avant la fin de cette première journée d’audience, le président de la cour a demandé à l’ancien président de la délégation spéciale le montant disponible dans les caisses de la commune au moment de son départ. Ahmed Sékou Traoré a indiqué qu’il restait « un peu plus de 800 millions gnf ».

Après cette première audition, l’affaire a été renvoyée au 16 novembre 2026 pour la poursuite des débats.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com