Au terme de la cinquième édition de l’African Youth Cup, disputée du 2 au 6 novembre à Conakry, le bilan est jugé satisfaisant par les organisateurs. Entre la consécration inattendue de Sosso Académie U16, les distinctions individuelles et l’intérêt des recruteurs étrangers, la compétition laisse entrevoir des perspectives pour plusieurs jeunes talents guinéens. Dans cet entretien accordé à Guinee7.com, Ibrahima Djouldé Diallo, manager général de Félla Sport Management et directeur général de la structure organisatrice, revient sur les enseignements de cette édition, les retombées attendues et les ambitions du tournoi.
Guinee7.com : Au terme de cette cinquième édition de l’African Youth Cup, quel bilan retenez-vous concrètement ?
Ibrahima Djouldé Diallo : C’est une véritable satisfaction, aussi bien dans le contenu que dans la qualité des équipes participantes. Beaucoup d’individualités ont réussi à se mettre en évidence. Je pense qu’il y a de très grands espoirs pour l’avenir.
Sosso Académie a remporté le trophée face aux Libériens. Cette consécration constitue-t-elle également une satisfaction particulière ?
Déjà, c’est la première fois que Sosso Académie remporte ce tournoi. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que son équipe U19, considérée comme sa formation A, a été éliminée en demi-finale avant de perdre également le match de classement pour la troisième place face à l’Académie Sainte-Marie. C’est finalement l’équipe U16 de Sosso Académie, à laquelle on ne s’attendait pas forcément, qui a remporté le trophée. Elle a également raflé quasiment toutes les distinctions prestigieuses de cette compétition.
Au-delà du sacre de Sosso Académie U16, quelles sont les autres récompenses et les acquis de cette édition ?
Sosso Académie a effectivement raflé une grande partie des distinctions. Le prix du fair-play est revenu à Santos FC, qui a fait preuve d’un excellent comportement tout au long du tournoi, malgré son élimination dès le premier tour. Le trophée du meilleur entraîneur a été décerné au coach de Sosso Académie U16. Celui du meilleur buteur est revenu à Mamoudou Diallo, qui était à égalité avec Raymond de l’Académie Sainte-Marie. Mais Mamoudou ayant inscrit le dernier but et disputé la finale, il a été désigné meilleur buteur.
Le prix de la révélation du tournoi est revenu à Boubacar Mbaye, également de Sosso Académie U16. Quant au trophée du meilleur joueur, il a été attribué à Mohamed camara, capitaine de cette formation. Il faut aussi souligner que Sosso Académie U16 a été particulièrement impressionnante défensivement. C’est la seule équipe du tournoi à n’avoir encaissé qu’un seul but en six rencontres. C’est assez remarquable.
Qu’en est-il du retour des recruteurs et des perspectives de signatures pour les jeunes talents repérés pendant la compétition ?
C’est un retour très positif. Il est vrai que certains joueurs n’ont pas encore l’âge de signer des contrats professionnels, notamment ceux de Sosso Académie U16, qui constitue la formation la plus jeune du tournoi et qui a pourtant remporté le trophée. Mais il y a également beaucoup d’espoir dans les autres équipes. Pour les joueurs qui ont déjà l’âge requis, les signatures pourraient intervenir lors des prochains mercatos, notamment en janvier-février ou en juillet-août.
Entre ces deux périodes, il y aura forcément des signatures, inch’Allah. Pour ceux qui n’ont pas encore l’âge, des stages pourront être organisés avant d’envisager leur retour.
Avez-vous déjà une idée du nombre de joueurs qui ont particulièrement attiré l’attention des recruteurs ?
Aujourd’hui, il faut comprendre qu’une dizaine de joueurs issus des différentes équipes ont retenu l’attention des recruteurs.
Cela ne signifie pas que tous vont signer immédiatement, car certains n’ont pas encore l’âge requis pour parapher un contrat professionnel. Mais une chose est sûre : certains pourraient signer dès le prochain mercato. D’autres devront attendre d’atteindre l’âge de la majorité, fixé à 18 ans, pour pouvoir effectuer leur transfert.
Que ressentez-vous en voyant cette mobilisation et cette ferveur autour d’une initiative qui en est déjà à sa cinquième édition ?
C’est une immense fierté. Lorsque nous avons lancé la première édition de l’African Youth Cup, nous savions qu’il y avait énormément de défis à relever. Il n’existait pratiquement pas de tournoi international de cette envergure en Guinée, capable de se pérenniser sur plusieurs éditions. Aujourd’hui, nous constatons que de nombreuses autres compétitions sont en train de voir le jour, en prenant notamment exemple sur l’African Youth Cup. C’est tout bénéfique pour les jeunes footballeurs guinéens. Plus il y a de tournois, plus il y a de recruteurs et davantage d’opportunités pour nos joueurs de se faire remarquer. Pour nous, c’est une grande fierté.
Un dernier mot pour conclure ?
Je voudrais remercier le public, les médias pour leur accompagnement et tous les recruteurs qui ont cru et continuent de croire au football guinéen. Il faut comprendre qu’il n’est pas évident de convaincre des clubs et des recruteurs de venir en Guinée. C’est beaucoup plus facile de les faire venir en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso ou au Mali. Pour la Guinée, c’est un véritable défi. Aujourd’hui, réussir à mobiliser une dizaine de recruteurs autour d’un tournoi comme celui-ci représente déjà un grand honneur pour nous.
Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com
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