Aliou Traoré

Un Malien est mort récemment en prison alors qu’il avait été interpellé pour des motifs non élucidés. Un autre, en provenance de la Sierra Leone est décédé dans une gare routière de la capitale, alors qu’il tentait de regagner son pays, où il devait subir des soins. Ces cas ajoutés à ceux des interpellations fréquentes dans les rangs de cette communauté comptant plus de 10 mille âmes en Guinée, devraient interpeller le président des Maliens Aliou Traoré, qui malheureusement, se préoccuperait beaucoup plus à brasser de grosses affaires qu’à servir les intérêts de ceux qui l’ont ‘’élu’’. Même si son ‘’élection’’ a toujours été sujet de contestation au sein de cette communauté.

Sur ses relations distendues avec les Maliens de Guinée, Traoré Aliou que notre reporter a rencontré se défend en affirmant avoir été choisi par la communauté parce qu’étant en mesure de défendre sa cause. « Ce sont les Maliens qui sont venus vers moi et non l’inverse », soutient-il. Et de marteler ‘’je ne suis pas président des Maliens de passage, je gère le cas social des Maliens qui vivent sur le territoire guinéen’’.

Il s’agit ‘’des Maliens qui sont de ma communauté, c’est-à-dire un Malien qui est venu et qui  a déjà résidé ici pendant  trois mois.  Qui a pu changer sa carte d’identité nationale,  en carte d’identité consulaire’’, précise notre interlocuteur.

«  Pour ceux qui se plaignent de ma gestion, je vous informe que le président de  la communauté malienne n’est pas une attribution mais  un titre honorifique. Je ne suis pas payé ni rien. C’est une option que moi j’ai choisie pour aider les Maliens socialement, mais comment  pouvez-vous aider quelqu’un qui ne vous donne pas d’informations », se plaint Traoré.

Puis d’ajouter « mon boulot fondamental c’est le social. Si tu as un baptême tu me tiens au courant je viens. Mais il n’est pas dit forcément que le président soit là et que le problème de la communauté aujourd’hui c’est cela. Tout le monde veut que je sois là et quand je viens, il faut leur donner de l’argent, alors que je ne suis pas payé par le président  malien, ni par  l’ambassade du Mali.  Et puis,  aucun membre de la communauté ne donne un franc. Et aucun membre de la communauté ne cotise, pour  la mise en place  d’une   caisse pour la communauté », précise Aliou Traoré.

Selon lui,   ‘’cette caisse c’est s’il y a  des problèmes, là où il faut puiser de l’argent’’.

Et un point qu’il faut mentionner a insisté Aliou Traoré c’est que « j’étais là avant d’être le président de la communauté. Mais c’est quand la communauté a su que je peux les aider qu’elle m’a choisi.  Je ne suis par parti  vers eux pour être président mais plutôt c’est la communauté qui m’a choisi. Je suis à mon deuxième mandat et je finis le deuxième mandat en  2015 », rappelle-t-il.

« Dès  que tu fais deux ans, tu quittes donc je suis au 2ème   mandat. Le 3ème  peut être si Dieu me donne la chance, je serai là. Mais je leur ai dit que je vais continuer à leur  venir en aide », a-t-il souhaité.

A propos du fonctionnement de sa structure,  Traoré parle  ‘’d’une pyramide de  la base au sommet. ‘’Je tiens à vous signaler que tous les Maliens ne sont pas membres du Haut conseil de la communauté, qui est une entité publique   mise en place en 1991 au Mali du temps de Ahmadou Toumani Touré. »

Pour ce qui est du Malien décédé dans les locaux de la Maison centrale, Aliou Traoré dit avoir été informé un dimanche en étant  à son domicile  situé  au  36 KM.  Mais qu’il ne s’en est pas mêlé parce que ceux qui lui ont donné la nouvelle voulaient précipiter son enterrement. Pour des motifs qu’il dit ignorer. Et bien celui qui se proclame président de la communauté malienne aurait dû chercher à s’informer sur cette affaire. Car la victime a été interpellée alors qu’elle tentait de frauder pour l’obtention d’un passeport guinéen. Ses complices ont-ils été inquiétés par les autorités compétentes ? Une question dont  Traoré n’a pas cherché la réponse. De quoi donner raison à ceux qui l’accusent de dilettantisme dans la gestion de son mandat.

A propos de Aliou Traoré, certains membres de la communauté malienne le trouvent ‘’cupide’’ comme Akân, personnage biblique de la tribu de Judas.  On le dit aussi condescendant dans son comportement au quotidien. Ce qui ne peut que l’éloigner davantage de cette communauté, dont le gros du lot est constitué de personnes exerçant de petits emplois de survie.  Son élection à la tête du Bureau des Maliens de Guinée, il faut le rappeler avait été émaillé d’intrigues et de coups bas.  Son challenger de l’époque, Saloum Doucouré avait dit-on été victime d’ostracisme de la part de ceux qui avaient le pouvoir de l’argent.

A l’allure où vont les choses, s’assurer un troisième mandat ne serait pas évident pour le transitaire Aliou Traoré. Sauf coup de théâtre. Car au sein de la communauté, son élection en 2010 est considérée comme une erreur voire un passage en force. Vu que le scrutin s’était déroulé dans une confusion totale, n’obéissant à aucune norme en la matière. Et dans un théâtre du côté de Commandayah et non dans les locaux de l’ambassade du Mali à Conakry, la chancellerie censée donner une légitimité au scrutin.  Il faut noter parmi les griefs à son encontre, le fait qu’Aliou Traoré n’aurait jamais tenu d’assemblée générale annuelle depuis son avènement à la tête de l’institution. Comme inscrit dans les statuts du HCM.

Ces faux pas de Traoré Aliou ne pourront que mettre de l’eau au moulin du camp adverse, où à défaut d’une candidature de Saloum Doucouré, devenu très discret sur ses ambitions depuis un certain temps, Mohamed Sidibé, homme d’affaires semble tout de même être le candidat ‘’idéal’’ pour de nombreux membres de la communauté, pour redonner un souffle nouveau au Haut Conseil des Maliens de Guinée, selon nos enquêtes. Mohamed Sidibé et Aliou Doucouré se connaissent bien, et seraient même tous des transitaires. D’après nos informations, Aliou ayant  décelé ‘’l’aura’’ dont jouit son futur adversaire à la présidence du Haut conseil des Maliens de l’étranger, ne lui ferait plus de cadeaux. Comme on dit c’est quasiment ‘’à la guerre comme à la guerre’’, où tous les coups sont permis.

                                                              Moussa Traoré

 

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