Accusé par les autorités et certains citoyens de fermer le grand marché de Labé à chaque fois qu’une situation difficile se présente, l’administrateur du marché, Mamadou Tely Bah, dit Tely GOHA s’est défendu lors d’un entretien à bâton-rompu  à son bureau situé au cœur du marché central.

On vous accuse de fermer le marché à chaque occasion difficile, qu’en dites-vous?

Depuis 7 heures 30 je suis là. C’est habituel avec tous mes chefs de secteur. Le matin nous ouvrons toutes les entrées principales du marché, ensuite les commerçants viennent chacun a la clé de sa boutique et ouvre quand il veut et ferme également, moi je gère les entrées principales et joue un rôle administratif.

Les commerçants des qu’ils entendent que ça ne va pas, ils ne prennent pas le risque d’ouvrir les places à l’intérieur. Donc une fois que les places sont fermées dedans, nous aussi on prend le soin de fermer les entrées principales pour ne pas que des bandits s’infiltrent.

Vous ne les encouragez pas à rester, vous ne les rassurez pas ?

Monsieur Tely Bah n’est qu’un simple administratif au grand marché de Labé. Mon rôle c’est de coordonner ce qui se passe entre les commerçants et l’autorité communale quand il s’agit de l’assainissement du marché, les taxes et les patentes et je fais parvenir les réclamations des commerçants à qui de droit.

Je n’ai pas le droit de dire à un commerçant d’ouvrir sa place ou de fermer, la plupart du temps c’est eux-mêmes qui cherchent des gardiens payés à leur frais, quand ils décident de fermer pour des raisons de sécurité, comme ils aiment à le dire, imaginez vous que j’intime l’ordre à quelqu’un d’ouvrir sa  boutique en cas d’attaque, je serais comptable. Tout le monde va me pointer du doigt, donc je ne prends pas ces risques, si les gens décident de venir, je viens coordonner, sils refusent de venir pour des raisons politiques ou autres choses, je ne dirais rien parce que chacun travaille pour soi et n’a de compte à rendre à quelqu’un et la plupart des commerçants sont propriétaires des places qu’ils occupent. Donc c’est eux qui savent comment ils comptent travailler ; les pots cassés  je ne prends pas.

Il semble que les autorités vous ont saisi par rapport à la fermeture répétée du marché de Labé?

C’est vrai le gouverneur m’a convoqué, le préfet, même le chef de la sureté, je leur ai dit ce que je vous ai dit avec l’appui de la commune, elles ont  compris, comme ce n’est pas des biens publics que les commerçants gèrent, c’est compréhensible. Vous entendez souvent que l’argent n’aime pas le bruit, donc c’est ce que nous vivons. Vous vous rappelez de ce qui s’est passé à Conakry ? Des loubards ont profité d’une manifestation pour piller des boutiques à Madina, une perte estimée à 40 milliards de nos francs.

Avec des situations comme ça, il faut être prudent pour ne pas qu’on te charge de responsabilités que tu n’as pas.

                                                                                               Propos recueillis par AOB

 

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