Au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée à la Maison de la presse ce lundi, Me Kpana Emmanuel Bamba, avocat de l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), Dr Fodé Cissé, accusé des faits présumés de « détournements de deniers publics, de faux et usage de faux et de complicité », a dédouané son client, qu’il estime être victime des bonnes réformes apportées au niveau de l’institution dont il avait la charge de diriger.

Selon l’avocat, il n’y a pas eu de détournement. « En ce qui concerne le montant incriminé, comme je vous l’ai dit portant sur 1 277 726 940 francs guinéens ; chaque fois qu’il y avait le paiement des pensionnés, quelques fois il y avait des reliquats à coût de milliards etc. que les gens se permettaient d’utiliser à leurs propres fins. Qu’est-ce qu’on doit faire de ça ? En principe, on doit reverser dans la caisse de l’Etat. Donc, c’est ce que Docteur a fait. Mais comme cela n’a pas plu aux uns et aux autres qui sont opposés à ses réformes, puisqu’il est très rigoureux, pour eux il faut toujours repartir ce montant. On a donc voulu monter ce dossier de toute pièce contre lui pour lui créer ces ennuis judiciaires et administratifs. Or Docteur Cissé a démontré devant les enquêteurs avec preuve que ledit montant est actuellement cantonné de façon intacte sur l’un des comptes bancaires de la caisse nationale de prévoyance sociale et non sur son compte bancaire personnel. Cela suppose que si l’argent se trouve sur un compte de l’institution qu’il dirigeait, on ne peut pas pour l’instant parler de détournements », a expliqué l’avocat.

A l’en croire, son client en détention depuis 11 jours dans les locaux de la direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie (DCIJG) est victime d’arbitraire. Notant de nombreuses irrégularités dans la procédure ayant conduit son client à cette détention, il a sollicité sa libération. « Il y a quelques couacs. Et quand on est dans un état de droit, même les procédures judiciaires doivent être pilotées conformément à la loi. D’après le code de procédure pénale, en son article 134, je voulais préciser que le délai de garde à vue est de 48h. Pour les infractions qui sont de nature à protéger les intérêts de l’Etat, le délai est doublé. Donc dans un premier temps, au lieu de 48h, c’est 96h. Donc renouvelable suite à un acte du procureur de la République qui pourrait selon les nécessités de l’enquête, la complexité, des pièces à exploiter, cela pourrait amener les enquêteurs à demander à monsieur le procureur spécial de la CRIEF, si c’est sa juridiction qui est compétente de pouvoir renouveler le délai de garde à vue. Donc 96h fois 2, vous pouvez calculer, ça fait 8 jours. Or du 29 avril 2022 à la date d’aujourd’hui, nous sommes à 11 jours. Ce qui est illégal, inacceptable, inadmissible dans un État de droit et c’est ce que nous dénonçons », a précisé l’avocat.

« Son dossier est devenu aujourd’hui une patate chaude. On ne sait même pas qu’elle orientation doit-on donner à ce dossier. Vous avez certainement appris lorsqu’on lisait le décret que son dossier est déjà déféré devant la CRIEF et d’autres juridictions du pays. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il est encore à la direction centrale des investigations judiciaires. Ceux qui sont appelés vraiment à mettre fin à ces violations des droits de l’homme peuvent prendre leur responsabilité en mettant immédiatement notre client en liberté ou alors s’ils lui reprochent une infraction, que la procédure puisse continuer son chemin », a-t-il enfin sollicité.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com