Avant de parler de Guinea Airlines, la compagnie qu’il dit détenir 100% des droits, Antonio Souaré, patron de GBM (Groupe Business Marketing) lors d’un point de presse, organisé ce 5 juillet, dans un hôtel de Conakry, s’est d’abord mis dans un narcissisme on ne peut plus freudien. Ci-dessous un petit précis du ‘‘moi’’ du nouveau riche de Conakry.

Au starter, il dit : ‘‘Guinea Arlines est une compagnie privée qui appartient à un groupe qui s’appelle ‘Groupe business marketing’, et qui appartient à un investisseur guinéen qui n’est associé à aucun autre guinéen.’’

Et soudain, le ‘‘moi’’ devient excessif. ‘‘C’est irrespectueux pour certains journalistes qui ont dit que ça (Guinea Airlines) appartient au fils du président. Pour ceux qui me connaissent, cette fois-ci j’utilise le pronom possessif (peut-être qu’il voulait dire pronom personnel). Ceux qui me connaissent, j’ai 35 ans de parcours dans les affaires ! j’ai 7 sociétés et j’ai 21 pays où je me suis installé. Donc c’est irrespectueux, pour celui qui a écrit que la compagnie appartient au fils du président. Il doit respecter quelqu’un qui a fait un parcours que même si lui ne reconnait pas, mais que toute l’Afrique reconnait aujourd’hui’’, se satisfait-t-il.

Et d’indiquer : ‘‘moi je ne marche pas sur les marchés de l’Etat. Les biens que nous avons dans le Groupe Business Marketing, m’appartiennent.’’

‘‘il faut qu’on respecte quelqu’un qui crée 30 mille emplois dans ce pays. Il faut qu’on respecte quelqu’un qui a 35 ans de parcours (de businessman) ; il faut qu’on respecte quelqu’un qui ne doit pas à l’Etat ; il faut qu’on respecte quelqu’un qui apporte à la jeunesse guinéenne, qui apporte à tout le monde, au lieu de dire que ça appartient au fils du président, c’est irrespectueux pour le parcours de l’homme, et ça, je le dis sans modestie’’.

Moi je ne suis pas un spécialiste de banqueroute, je n’ai jamais fait de faillite

Et parler de soi à la troisième personne devient récurrent. ‘‘ce sont ceux qui viennent d’arriver en Guinée ou à Conakry, qui parlent comme ça. Quand vous connaissez le parcours d’un ingénieur qui a fait tous les continents, et qui y est installé, qui crée aujourd’hui dans son pays, plus de 30 mille emplois, et sans compter les freelances, sinon vous avez 100 mille emplois. Nous sommes dans les télécoms, dans l’industrie, dans l’hôtellerie, on est en train de monter une usine de papiers, de cahiers, de tout…’’

Dieu m’a toujours accompagné. Je le dis sans modestie, c’est parce que je suis béni, c’est tout

Très remonté, Antonio enchaine : ‘‘C’est parce que c’est un Guinéen qui a créé une compagnie, il faut l’attaquer. Ils ne créent rien, et ceux qui créent, il faut s’attaquer à ceux-ci. Moi je ne suis pas un spécialiste de banqueroute, je n’ai jamais fait de faillite. Toutes mes sociétés marchent. Dieu m’a toujours accompagné. Je le dis sans modestie, c’est parce que je suis béni, c’est tout.’’

Aucune télévision africaine n’est au-dessus de ma chaîne de télé, même Canal

Et ‘‘Monsieur Antonio Souaré crée une compagnie, c’est ceci, c’est comme cela. Il faut qu’on soit clair. Moi je suis fier d’une chose, je ne dois à personne. Si je dois à quelqu’un ou à l’Etat, ils n’ont qu’à lever la main. Et je n’en ne dois à personne. Si je dois à quelqu’un, qu’il lève la main ! Et ce que je dépense, je donne à la Guinée, aux jeunes et à la culture, m’appartient. Aujourd’hui, j’ai la plus grande chaîne de télévision africaine. Que vous le reconnaissez ou non. Aucune télévision africaine n’est au-dessus. Même Canal (canal plus, NDLR) n’est pas au-dessus de la télévision CIS Media’’, renseigne-t-il, non sans faire remarquer: ”je maîtrise la langue de Molière, je suis à la tête d’un grand groupe de médias.” Une si bien modestie étouffante!

Par cette sortie, Antonio Souaré montre qu’il entre dans la classe des riches narcissiques. Ceux qui, comme le disait Monique Pinçon-Charlot, sociologue, se disent : “je suis riche parce que je le vaux bien”. La sociologue estime cependant que les conséquences de ce narcissisme sont énormes en termes de destruction d’emploi et de casse sociale.
Et nous, nous jouons les lanceurs d’alerte. Comme un lanceurs d’alerte. Comme un Snowden.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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