Ce jeudi matin, les travailleurs de la société de gardiennage G4S étaient dans la rue pour manifester leur courroux afin d’obtenir une augmentation sur leur salaire ou du moins l’application du SMIG (440 mille gnf). Nous avons constaté une forte perturbation de la circulation sur l’axe Dixinn-Pont huit novembre, la principale entrée du centre-ville, kaloum. Les usagers d’automobiles ont eu leurs saluts seulement que grâce à l’intervention de la dizaine de véhicules de la gendarmerie remplie d’hommes en uniforme.

Tout en sueur et arborant la tenue de la société (G4S), ce manifestant qui garde l’anonymat nous a confié sa raison de descendre dans la rue.

‘’ Jusqu’à présent le SMIG n’est pas une réalité chez nous. Dans la société, les étrangers sont mieux payés que nous. Mais ils se foutent de nous ! ‘’, s’indigne- t-il.

Par la suite, ce jeune homme de faire une comparaison de salaires avec les autres travailleurs de la société dans la sous-région.’ G4S Mali est payée à trois millions de francs CFA. Et nous nous sommes payés à cinq cent mille francs guinéens. Je gagne seulement soixante quinze dollars par moi ‘’, s’en offusque t-il.

Avant de battre le pavé ce matin, les travailleurs à travers leur syndicat ont adressé, le 3 juin dernier, un préavis de grève aux responsables de la société. Mais cela est malheureusement resté lettre morte. En effet, après avoir été freiné net par la police sur le pont huit novembre, les grévistes rebroussent chemin et prennent la direction du tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, à quelques encablures de là.

‘’ Nous voulions partir à la Primature. Parce que l’inspection du travail est corrompue. Elle a posé des actes qui ne nous rassurent pas. Notre trajet ayant été brouillé, on dépose une plainte au tribunal et on verra par la suite quel chemin suivre’’, lâche un autre manifestant qui préfère taire lui aussi son nom.

Salif Conté, lui, revient sur les difficiles conditions des travailleurs en ces termes : ‘’ Nous travaillons douze heures par jour sans répit. Nous n’avons qu’un seul jour de repos dans la semaine. Nous en souffrons réellement’’. Malgré ce grand sacrifice qu’ils pensent consentir, les travailleurs ont du mal à joindre les deux bouts. ‘’ Il y a des hommes et des femmes mariés parmi nous. Imaginez qu’on ait au moins deux ou trois bouches à nourrir, à l’heure qu’il fait, c’est difficile. Donc, on veut une hausse sur nos salaires à défaut l’application du SMIG’’, insiste-t-il.

Cette fois ci, les travailleurs de G4S sont bien décidés à aller jusqu’au bout de leur mouvement. Ce jeudi matin, a-t-on appris des manifestants, plusieurs d’entre eux ont été blessés dans des heurts avec les forces de sécurité.

                                                            Moussa Diawara