Ces derniers temps, on a bien l’impression  que certains cadres de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) ne sont pas à l’abri d’un coup de blues.  L’atmosphère s’y prêterait en réalité, avec le  blocage politique, et les démissions enregistrées dans les rangs du parti, le moral serait au plus bas. Et l’altercation  entre Aboubacar Soumah (photo à droite), député uninominal de Dixinn et  Mamadou Barry (photo à gauche), ancien chargé de communication du parti, la semaine dernière ne serait que l’arbre  qui cache la forêt.

Au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), l’heure ne semble plus être à la sérénité. Au fur et à mesure que l’on approche de la présidentielle du 11 octobre prochain la pression monte dans les rangs de cette formation politique qui est à l’avant-garde de la fronde contre le pouvoir accusé de préparer un scrutin truqué.  L’UFDG est devant une sorte de dilemme cornélien quant à sa participation ou non à cette élection qui approche à grands pas, sans que les conditions d’organisation qu’elle souhaite ne soient prises en compte. Elle réclame en effet que les activités de la Ceni soient gelées, ainsi que l’annulation du chronogramme électoral. Des revendications qui n’ont pas eu pour le moment d’écho favorable du côté du pouvoir. Vu que la Ceni poursuit ses activités. Autre revendication de l’opposition qui a l’air de tomber dans des oreilles de sourds est « la prorogation de la période de révision du fichier afin que toutes les CARLES puissent combler le retard accumulé au début et tout au long de cette révision. » Mais la Ceni a annoncé dans un communiqué publié dans la soirée du mardi que la révision des listes électorales allait être stoppée le 8 juin au niveau du territoire national, et le 20 juin pour les opérations menées au niveau des chancelleries étrangères. Comme prévu auparavant.
Une situation qui fait perdre les pédales à cette formation politique qui pourtant, dispose d’un potentiel énorme pour « changer la donne politique actuelle, comme elle l’a toujours rêvé. » Mais hélas, c’était sans compter que le parti doit avant tout balayer devant sa porte, pour prétendre relever un tel challenge.

Preuve du malaise au sein de l’UFDG,  Mamadou Barry, analyste financier et ancien chargé de communication du parti vient de donner un coup de pied dans la fourmilière, après une altercation qui l’a opposé à Aboubacar Soumah, député uninominal de l’UFDG pour le compte de la commune de Dixinn. Les deux cadres du parti ont failli en venir aux mains, à cause du feu Lansana Conté, que Mamadou Barry aurait qualifié de « dictateur. » Chose que l’honorable Soumah n’aurait pas digéré. Ce dernier aurait alors tenté de régler son compte à M. Barry. L’affaire a fait grand bruit dans les milieux politiques, et Mamadou Barry, s’est alors fendu d’un communiqué, pour livrer sa version des faits, suite à  cette brouille. Il rappelle pour commencer que « chasser le naturel et il revient au galop. Les mêmes causes entraînant toujours les mêmes effets, ce qui est arrivé à la Présidentielle de 2010 est arrivé en 2013 aux législatives, alors que l’UFDG avait tout le potentiel pour avoir la majorité à l’Assemblée Nationale. C’est la détermination exclusive des militants qui ont donné 37 députés à l’UFDG », déplore-t-il dans son communiqué.

Mamadou Barry n’est pas du tout tendre avec ses collègues du parti quand il déclare que « les mêmes coquins qui se voyaient au pouvoir en 2010 et qui avaient disparu de la circulation après l’annonce de la défaite, sont encore une fois sortis de l’ombre pour devenir députés au sein de l’UFDG. Ces opportunistes qui ont profité de la même sensibilité ethnique que le dictateur Lansana Conté, se sont tournés vers leur copain Cellou Dalein après la fin de conté et donc du PUP. »

« Ces PUPards on fait de Cellou Dalein « l’héritier » de Lansana Conté pour soit disant récolter la sympathie et les voix de la basse Guinée. La liste nationale de l’UFDG s’est alors trouvée remplie de PUPards reconvertis », rouspète-t-il.

Pour l’analyste financier, « ces opportunistes arrivent à l’UFDG non pas par conviction, mais en se disant, voilà une machine qui va nous permettre de continuer à gouverner sans difficultés. Avec la médiocrité qui les caractérise, ils ne se sont pas amendés pour adopter les valeurs qui ont fait de l’UFDG, le premier parti de ce pays. »

Et en conclusion, il promet que « pour ceux et celles qui en doutaient encore, les précisions devraient se faire lors du prochain congrès du parti par le Président lui-même pour définir la vision et le projet de l’UFDG pour 2015. Et que si la tendance et de revendiquer l’héritage du dictateur Lansana Conté, il sera alors question de demander tout simplement le départ de Cellou Dalein Diallo de la présidence de l’UFDG. »

Cet épisode Soumah versus Barry a été précédé de la démission du secrétaire général chargé de la jeunesse du parti ainsi que de celle d’un notable de Télimélé, un certain Bayaguiou. Autant d’épreuves que Cellou Dalein Diallo et son parti ont dû endurer, en cette période préélectorale où les partis en lice ont besoin de préserver leur image aux yeux d’une opinion publique devenue de plus en plus critique.

Aliou Sow, L’Indépendant