C’est une très bonne nouvelle ! Une qui pourrait sans galère obtenir l’adhésion de la famille guinéenne tout entière. Qu’ils veuillent enfin rationner l’administration et rectifier sa pratique jusque-là approximative est une annonce, en Guinée, qui ne saurait passer sous silence. Voici plus de cinquante ans, en effet, que le pays patauge aussi bien de carences, que mauvaise foi sans qu’aucune volonté manifeste de changement ne poigne à quelque horizon. Il est donc fort à espérer d’une Ecole Nationale d’Administration normale, certes, mais la particularité guinéenne exige qu’on en appelle au patriotisme et à la volonté dont ils n’ont  jamais pu faire montre.

Une Ecole Nationale d’Administration ou les prémices d’institutions étatiques fortes. Elle a vocation de former l’élite dirigeante tant dans la forme, que dans les rouages complexes d’une administration d’Etat. Des étudiants de prestige dans une école de prestige apprendront tout de l’Etat institution si peu connu au Guinéen. Sa création en Guinée aura l’avantage de circonscrire l’accès aux hautes fonctions d’Etat, ou plus simplement, de redonner sérieux à celles-ci. Le fait étant que ne devient pas haut fonctionnaire d’Etat qui le souhaite simplement et c’est, du moins, ce à quoi nous parviendrons grâce à cette innovation.

Rassurez-vous ! Il ne s’agit pour l’heure pas d’une autre de leurs annonces politiques. Le Département d’Etat à la Réforme et à la Modernisation de l’Administration est depuis deux ans, round après round, dans un combat que je qualifie librement de titanesque. En témoigne l’épuration du fichier occulte de la fonction publique qui grouillait jusque-là de fictifs d’une proportion sidérante. Le Haut-Commissaire rapportait qu’autour de 8.000 fonctionnaires imaginaires avaient été décelés avec pour incidence financière sur les ressources de l’Etat, un peu plus de 400 000 000 de nos francs pour chaque mois payé. Bonne lancée !

Depuis le passage de la mission de l’ENAP du Québec, nous pouvons désormais associer une certaine image de l’ENA à nos beaux rêves, quoique le danger ne soit point encore écarté. En effet ils seraient à nouveau capables de piétiner cette merveilleuse ambition, cette entreprise révolutionnaire. Croire que tout est gagné est la pire erreur à commettre en ce cas-ci, si ! Il faudra être prévisible, opposer vigilance à tout le parcours, de la réception à l’épiaison du premier fruit.

Je sais qu’ENA il y aura…, mais je reste de ceux qui croient que le mal s’y invitera de sitôt. Personne ne peut rien contre la corruption d’une école juste par des bâtisseurs corrompus qui ne manquent jamais d’occasion de se paître librement.

Pour cette fois encore, j’espère désespérément qu’il en sera autrement.

Zachariemills@gmail.com