Interpellé sur le danger des milliers de chiens qui parcourent à longueur de journée les rues de Conakry et des autres villes de la Guinée, le ministre de l’Elevage, Roger Patrick Millimono, lors d’une conférence animée, ce mercredi 14 août, dans un complexe hôtelier de Conakry, a dévoilé et défendu sa stratégie.

Il a signalé : « Déjà en principe, demain, on avait prévu de lancer une campagne de vaccination contre la rage. Mais on s’est rendu compte que c’est un jour férié. Nous l’avons repoussée pour le 26 août, parce que dès après ma conférence, je vais partir avec une certaine équipe aujourd’hui pour Kankan, Kouroussa, Dabola et Labé. Donc, je reviendrai vers le 23 ; nous allons lancer la campagne de vaccination ».

Avant d’avouer que : « Vous savez, on m’interpelle souvent, d’abattre les chiots. Je profite de cette tribune pour faire comprendre que l’abattage massif de chiens est interdit. Vous savez, au niveau international, il y a des organisations comme les organisations pour le bien-être animal, qui se sont battues et qui ont réussi à faire passer le bien-être des animaux. Et le bien-être des animaux interdit l’abattage massif des chiens. C’est un problème, faut-il abattre les chiens comme nous le faisions avant et que nous soyons indexés sur la scène internationale, avec pour conséquence, nous risquerons de voir certains projets que nous avons avec les partenaires étrangers arrêtés, comme mesure de sanction contre nous pour avoir violé certains textes au niveau international ? Ou bien faudra-t-il procéder à cet abattage massif que beaucoup d’entre nous appellent ? »

Ensuite, il a rappelé que : « J’ai un de mes prédécesseurs qui avait fait un abattage massif. Mais il y a un aspect sociologique de notre pays, qui dit que ce n’est pas bon pour le pays de faire un abattage massif de chiens. Et mon prédécesseur a été disons, un peu critiqué, parce qu’on disait que cet abattage massif de chiens qu’il est en train de faire, va entrainer des troubles dans le pays. C’est une donne. Objectivement, on ne doit pas tenir compte, mais c’est une donne avec laquelle il faut compter, parce que c’est social. Si la société raisonne comme cela, il ne faut pas faire fi de cela. Qu’à cela ne tienne, nous allons lancer une campagne de vaccination, nous avons reçu 2.000 doses déjà, ce n’est pas beaucoup, mais cela pourra au moins contenir la rage, si toutefois, il y avait une grande épidémie de rage dans le pays ».

Plus loin, il a informé que : « Vous savez que quelqu’un qui ne peut pas entretenir un animal domestique, n’a pas le droit d’élever (…) Vous savez que cela existe dans nos textes. Dites-moi, si je trimbale un chef de famille à la justice pour n’avoir pas pu retenir son animal, il l’a laissé divaguer, qu’est-ce que vous allez dire, vous les journalistes ? Mais monsieur le ministre, pour un chien, vous trimbalez un père de famille à la justice. Pourtant, les textes le disent : Nul n’a le droit d’élever un animal, s’il n’a pas les moyens de s’en occuper ».

Pour exemple, il a illustré ses propos en disant que : « Vous voyez des gens, ils élèvent des chiens, et puis les laissent se nourrir dans les poubelles publiques. Ainsi, par l’effet exponentiel, ça se multiplie dans la rue et ensuite, on a des chiots qui naissent dans le rues, qui n’ont pas de propriétaires ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com