Vendredi dernier, le président Alpha Condé a reporté de deux semaines, le scrutin couplé des législatives et du referendum constitutionnel, initialement prévu le 1er mars dernier.

Cette décision est vécue dans les rues de Conakry de diverses manières. Soulagement, peur, scepticisme et impatience, sont entre autres sentiments qui animent les citoyens.

« Nous, la plupart des opérateurs économiques souhaitons que ces élections se passent le plus rapidement que possible. Le fait de les reporter à chaque fois, ralentit considérablement l’activité économique », a confié Facinet Touré, opérateur économique.

A son tour, Mamadou Diallo se réjouit, « parce que comme vous le savez, ces élections constituaient beaucoup de craintes pour les citoyens. La tension montait. Et le fait de reculer m’a permis de me réveiller et de venir travailler aujourd’hui. J’espère que ces deux semaines vont permettre aux Guinéens de s’asseoir et de discuter, parler de la Guinée pour que le pays ne s’enfonce pas ».

Quant à Abdoulaye Diallo, domicilié en banlieue de Conakry, le délai donné par le président est utopique, vu les « anomalies » qu’il a lui-même constatées dans le fichier.  « Nous sommes habitués aux dates ici en Guinée. Vouloir dire maintenant qu’on va aller aux élections dans deux semaines, ça c’est de l’utopie. Moi-même j’ai balancé une vidéo, où j’ai montré trois cartes d’électeurs appartenant à une seule personne », a-t ’-il dénoncé.

Cependant, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, pense que cette décision de report vise à rompre un peu l’« isolement à l’international » du président Alpha Condé.

Pendant ce temps, le collectif du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), qui regroupe des acteurs de la société civile et des partis de l’opposition, appelle ses militants à intensifier les manifestations, qu’ils nomment « résistance active ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com