Aux révélations pas très tendres faites à l’égard de son entreprise par Mahamadou Bonkoungou, PDG d’EBOMAF ; Ansoumane Kaba, PDG de GUITER a répondu face à la presse ce jeudi à Conakry.

Il place cet exercice dans le cadre d’apporter sa « part de vérité » dans cette histoire qui fait sensation. Selon lui, il s’est connu avec le PDG d’EBOMAF, « à travers la plus haute personnalité du pays déchue (Alpha Condé, ndlr) », laquelle lui aurait demandé de bien vouloir accompagner EBOMAF dans la réalisation des projets. « C’est ainsi après de nombreux déplacements, les travaux techniques préliminaires réalisés sur le terrain avec le concours de toutes les parties, précédés bien entendu des démarches administratives, une entente librement consentie a été conclue entre GUITER SA et EBOMAF SA en vue de la mise en place d’un groupement. Dans ledit groupement, 49% des parts revenaient à GUITER SA et 51% à EBOMAF. Contrairement aux allégations mensongères du sieur Mahamadou Bonkoungou, à la signature du premier contrat respectivement de 305 millions d’euros pour le tronçon Kankan-Kissidougou et 184 millions d’euros pour le tronçon Kankan-Mandiana, les compétences de GUITER en matière de BTP n’étaient plus à démontrer sur le terrain. Un premier grand projet Macenta-Konsankoro concrétisé sur financement USAID en 1995 était là depuis pour en témoigner éloquemment », a-t-il expliqué.

Avant de rapporter qu’en « 2013 à la rencontre avec EBOMAF, GUITER évoluait déjà sur le terrain depuis 24 longues années, et aujourd’hui GUITER à 32 ans d’existence ».

D’où est alors venu le problème dans cette affaire ?

« Le premier grand différend en fait, est né de la fixation des volumes de travaux détaillés par tronçon. GUITER SA s’étant rendu compte d’une tentative flagrante de surfacturation, a exigé de son partenaire de circonstance de revoir ces volumes à la baisse étant donné que les prix unitaires étaient compétitifs. A cela est venu se greffer un autre différend, celui lié au choix de la mission de supervision et de contrôle des travaux devant être entrepris. Si le choix par le maître d’ouvrage de la mission de contrôle Louis Berger ne posait aucun problème à GUITER SA, par contre pour Le PDG d’EBOMAF c’était un motif grave de résiliation. En fait pour des raisons sans doute d’inconvenance personnelle, l’ex-Président (Alpha Condé) a exigé à ce qu’il lui soit affecté une autre mission de contrôle internationale, l’annulation du contrat de supervision de Louis Berger et le partage des tronçons entre les 2 entreprises ont été décidés sur le champ. Ce partage a donc été créé par le PDG de EBOMA suite au rejet de la mission de supervision de contrôle des travaux de Kankan-Kissidougou », a fait savoir Ansoumane Kaba.

Quelle autre grande entrave à la réalisation du Contrat?

A ce propos, le directeur de GUITER a poursuivi : « Au cours de son show médiatique livré à Ouagadougou, très loin du terrain des opérations, le PDG d’EBOMAF a feint d’expliquer que c’est GUITER SA qui aurait entravé la poursuite correcte de l’exécution de son projet Kankan – Kissidougou. La direction générale de GUITER s’inscrit en faux contre cette allégation. Fort heureusement, le ministre de l’Economie et des Finances de l’époque, l’Administration et contrôle des grands projet et le ministre d’Etat des Travaux Publics d’alors sont encore de ce monde, ainsi que d’autres acteurs majeurs. C’est en fait une mission des institutions de Bretton Woods (FMI – Banque Mondiale) qui a émis des réserves sur la bagatelle de près de 500 millions d’euros pour les deux projets qui devaient bénéficier de garantie BCRG à la première demande. Néanmoins, comme la plus haute autorité du pays tenait à leur exécution, le maitre d’ouvrage, qui est le ministère des Travaux publics de Guinée et non GUITER SA, a choisi de procéder par le mécanisme des options (ferme et optionnelle). Voir l’article 37 du code des marchés publics. Lequel avait le mérite à la fois d’alléger les charges de l’Etat et de contenter la mission du FMI et de la Banque Mondiale. Conséquemment, le premier contrat signé et qui avait été fait enregistrer par les seuls bons soins de GUITER SA a été annulé. Il faut dire clairement que ce sont ces deux différends qui vont conduire à la signature de contrats séparés pour les deux membres du groupement presque mort-né. GUITER SA a signé le contrat Kankan-Mandiana: La tranche ferme: 35 000 000 Euros ; la tranche optionnelle : 126 948 363.10 Euros. EBOMAF SA a signé le contrat Kankan – Kissidougou. La tranche ferme: 65 000 000 Euros ; la tranche optionnelle 240 824 856.91 Euros », a-t-il rapporté.

A propos de l’exécution des Contrats…

« Le PDG [d’EBOMAF] a prétendu que son entreprise aurait réalisé centaine d’ouvrages et effectué certains travaux sur le tronçon Kankan-Kissidougou. Chose extraordinaire et impensable par rapport aux dites réalisations, il importe de porter à la connaissance de l’opinion publique guinéenne que depuis la pose de la première pierre, le PDG d’EBOMAF n’a plus mis les pieds sur le terrain. Pour ce qui est de la véracité de ses propos, une visite de terrain est sans doute mieux indiquée pour s’enquérir d’une situation qui frise en réalité l’arnaque pure et simple. Pour ce qu’il est de GUITER SA, seule la réalité du terrain commande aussi. Près de 17 kilomètres de route entre Kankan et Mandiana ont été réalisés grâce à la mobilisation des 35 millions d’euros, sans compter la réalisation de travaux de différents ordres sous l’œil avisé à la fois du bureau de contrôle international Louis Berger et du maitre d’ouvrage », s’est-il défendu.

De la remise d’un chèque de 15 milliards et 50 conteneurs de bitume à GUITER SA

« Taire certains pans d’une entente librement consentie, qui est sous l’œil avisé de la plus haute personnalité du pays, relève de la fausseté et de la supercherie. La vérité, c’est que c’est après avoir créé un vide sur la tranche ferme affectée à son entreprise que le PDG d’EBOMAF a sollicité du PDG de GUITER SA qu’il veuille exécuter à leur place un certain nombre de tâches sur le terrain. Prudence oblige, le PDG de Guiter SA a exigé une évaluation de tout ce que le PDG d’EBOMAF mettait à sa disposition. L’entretien s’était fait en présence de l’ex-président (Alpha Condé) qui a instruit le conseiller chargé des infrastructures à la présidence de la République et le directeur des infrastructures de  l’ACGP (Administration et Contrôle des Grands Projets). Ce qui fut fait. A la suite de quoi la remise d’un chèque d’une valeur de 15 milliards de francs guinéens lui a été faite par le canal du chef du protocole sur instruction du président déchu. Il est à noter que dans ce cadre, EBOMAF reste devoir à GUITER SA le montant de 141 786,48 euros », a relevé Ansoumane Kaba.

Arroseur arrosé…

« Si le PDG d’EBOMAF croit ainsi nuire à la réputation de GUlTER SA à travers son show médiatique, force est de constater que sa sortie risque bel et bien de faire
l’effet d’un arroseur arrosé. Elle cache visiblement un ensemble de pratiques malsaines auxquelles le PDG d’EBOMAF ne semble pas étranger. Quelle crédibilité accorder à des accusations portées sans preuves irréfutables ? Sachant certainement que le Pr Alpha Condé n’est pas en mesure aujourd’hui de lui apporter la contradiction pour des raisons évidentes, M. Mahamadou Bonkoungou pourrait peut-être se répandre dans des contre-vérités flagrantes. Lui qui dit avoir toujours bénéficié d’un traitement VIP en Guinée, qui a bénéficié gratuitement de deux contrats d’exploration dans le nord de la Guinée. Pour quelles raisons au juste ? Sur la base de quoi ? Un audit des nouvelles autorités guinéennes, nous pensons, est plus que nécessaire afin de laver l’affront fait à toute une République, dans un langage approximatif, empreint de tâtonnements et vide de la moindre courtoisie. En attendant d’y arriver, nous osons d’ores et déjà vous dire que le PDG d’EBOMAF a bel et bien reçu 65 millions d’euros en Septembre 2014 et 120 autres millions d’euros le 27 mars 2017 par l’entremise de deux lettres de garantie. N’ayant nullement satisfait aux premières exigences liées à sa première tranche ferme du tronçon Kankan-Kissidougou, comment est-il parvenu à obtenir une seconde lettre de garantie portant sur la bagatelle de 120 millions d’euros, si ce n’est par des moyens détournés » ? S’est questionné l’homme d’affaires.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com