Les régimes et gouvernements antérieurs ont tellement contenté les guinéens du pain et du toit misérable que le bien-être véritable ne nous intéresse plus. Les bas quartiers et les villages sont les théâtres d’expédition à la recherche quotidienne du pain, de l’eau et du riz, symboles de la réussite du Safari journalier. 

Des routes non tracées ou jamais creusées par une pioche ou bien défoncées jusqu’à la gueule, les vrais galériens qui ne disposent même pas de vélos s’en moquent de leurs états piteux. Des manques ou non d’électricité et d’eau potable, les vrais agacés escaladent tout obstacle et viennent se contenter de l’eau de marigot, du petit forage du village ou du voisin dans le quartier. Il allume la nuit tombée sa bougie, sa lampe torche, sa lampe à pétrole ou sa lampe chinoise. 

Mais bizarrement, de toutes les révoltes des masses, jamais personne ne s’est insurgé contre cette vie pénible maintenant que l’on sait à travers télé et téléphone, ordinateur et terminaux intelligents… via internet, que le monde avance et comment. Les populations s’en foutent des infrastructures et tout ce qui est commun et public. Elles les cassent et les font disparaître d’ailleurs, tellement que la misère de vivre et la recherche du pain, du riz et de l’eau ont occupé les Esprits. Le beau et le bien-être nous sont disparus des calculs. 

Quand Bambeto, Zogota, Womé, le Pont 8 Novembre, le Stade du 28 Septembre, … furent mes douleurs à jamais, ma foi rejoignit celle des âmes de Guinée pour que meurtri je sois. Autant que ceux qui dont les fils et filles sont partis dans la douleur. Pour que je ressente et sente que ni la haine ni la vengeance ne constituent notre issue pour une Société qui aspire à la grandeur et dont les défis nous tutoient. 

Mais la triste réalité est qu’ils seront encore là à décompter les nouvelles victimes des violences qu’ils orchestreront sans se lasser, jusqu’à satisfaction de leurs égos surdimensionnés. Ils le feront sans doute encore avec des larmes de crocodiles pour chercher à émouvoir ce peuple martyr qui les a à présent jusqu’au cou. Et entrevoir Bambeto et son cimetière qui frustrent pendant que les receleurs de l’émotion et de la peine se mettent encore debout à ses pieds, rien de plus affligeant et écœurant. Rien de plus révoltant quand l’âme humaine sert de marchandage et de bouc à pression. 

Nos exigences sont en différé d’avec l’évolution et les exigences du monde qui nous défient. La force morale de nos peuplades jusqu’à nos individualités n’a pas encore trouvé un nœud pour fédérer nos compréhensions de la vie et nos volontés de changer notre destinée commune. 

Les efforts du Président Alpha CONDÉ dans l’intéressement de notre Société à la vie de la Nation et le rassemblement vers l’essentiel dans notre vivre ensemble est un exploit néanmoins, au vu de ce qui nous précède et les caractéristiques de violence d’une partie de l’élite devenue manipulatrice à dessein à des fins égoïstes et nombrilistes. 

Notre désir d’élévation personnel et celui de notre élévation en tant que Peuple devraient converger quelque part là-bas, où l’urgence reste, l’harmonie d’une Société d’amour et de pardon. Une Société dans laquelle on économise les vies humaines par le dialogue et l’entente. Une Société où on émancipe les plus pauvres et on intègre les plus faibles. Une Société où suffisent les regards, paroles et actes francs, sans nul besoin d’importation de règles de vie. Une Société des lumières mentales où ne subsisteront que paix et paix des cœurs par la foi, l’assurance et la confiance dans l’Avenir. 

Repenser la Société guinéenne et ses ambitions, un devoir mémoriel et futuriste des justes ! 

Je vous salue. 

Mohamed Lamine KEITA 

Écrivain, Poète 

Président du Mouvement 

JEUNESSE RÉPUBLICAINE

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