Le jeudi dernier, l’État guinéen est passé à la vitesse supérieure pour déguerpir les riverains de la décharge de Dar-es-Salam 2, dans la commune de Ratoma. Plus de 200 bâtiments cochés, il y a plus d’une année, ont été démolis par le bulldozer du génie militaire entre jeudi et vendredi.

Après démolition de ces bâtiments déjà cochés, dans l’après-midi du vendredi, de nouvelles maisons ont été cochées par les agents du ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire (MVAT). Ces bâtiments récemment cochés devraient être démolis ce lundi, nous disait un officier de gendarmerie qui assurait la sécurité sur les lieux.

Pendant le week-end, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme se sont rendues sur les lieux du déguerpissement pour constater les dégâts. Et pendant ce temps, les familles qui ont vu leurs maisons cochées le vendredi sont en train de constituer un pool d’avocats, pour poursuivre l’État en justice. Selon un membre de l’une de ces familles, un huissier de justice est déjà venu évaluer la situation.

Ce lundi 27 mai, c’est le calme et la peur qui règnent dans le secteur, où les bâtiments sont cochés. Aucune machine ni agent de forces de l’ordre n’est arrivé sur le site. Mais tous les regards sont tournés vers la transversale T1, route située à 200, 300 m des bâtiments concernés. « Vers 9h, un bulldozer, sur une remorque de l’armée, accompagné de quelques pickups des forces de l’ordre, était garé au niveau de la gendarmerie (brigade de gendarmerie territoriale de Dabondy). Quelque minutes après, ils sont repartis vers l’autoroute Fidel Castro », a confié,  Alseny, un jeune qui a vu la maison de son père cochée.

Samedi dernier, Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne, a qualifié ce déguerpissement de “haine” contre ces citoyens victimes de démolition. « Aujourd’hui, ils vont continuer de détruire, alors qu’il n’y a aucun projet sur le site. Attendez d’avoir un projet concret pour la mise en valeur des sites, et prenez des dispositions pour indemniser et aider les déguerpis. Mais non, c’est la haine. Du côté de Dar-es-Salam, ils ont commencé des destructions massives, sans aucune disposition, comme si c’était un régime d’occupation ; aucune pitié pour les citoyens. Un pauvre citoyen qui passe toute sa vie pour avoir une maison, l’Etat prend sa force pour détruire sans t’aider à t’installer », a laissé entendre Cellou Dalein Diallo.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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