Programmé au tribunal de première instance de Mafanco ce lundi 26 mars, le procès contre N’na Fanta Camara (donneuse de fausses grossesses) a été reporté au lundi prochain, par la juge en charge de l’affaire, Mme Djénabou Donghol Diallo. Ce report est, selon elle, dû à la grève des gardes pénitentiaires qui demandent une augmentation de leur salaire.

Très remontées par cette annonce, des femmes victimes de ces fausses grossesses fortement mobilisées au Tribunal de Mafanco, ont envisagé de faire une marche pacifique au centre-ville de Kaloum, si N’na Fanta ne se présente pas au prochain rendez-vous : « Aujourd’hui, ils nous ont dit que c’est le jugement, mais nous sommes venues et on n’a pas trouvé N’na Fanta ici. Ils disent que les gardes pénitentiaires sont en grève et que c’est pourquoi elle n’est pas venue. Donc nous aussi le lundi à venir si N’na Fanta ne vient pas nous allons faire une grève, nous allons marcher pour aller en ville. »

« Wallahi-ballayi (au nom de Dieu) nous allons faire une semaine de grève si N’na Fanta ne viens pas. Il faut qu’elle vienne, ce qu’elle nous a fait vraiment moi je suis fâchée », a-t-elle martelé.

Et de poursuivre : « tout cela est de la faute des hommes qui ne sont pas croyants. Ce sont les hommes qui nous ont poussées à faire cela. Moi j’ai beaucoup souffert ; mon mari m’a insulté, il m’a même traité de sorcière. Donc il faut que les hommes cessent de fatiguer leurs femmes, c’est Dieu qui donne l’enfant… Moi personnellement c’est mon mari même qui m’a conduite là-bas (chez N’na Fanta), et ça été ma seule chance, sinon mon foyer serait gâté à l’heure où je vous parle. »

De son côté, l’avocat des victimes Me Alseny Fofana a rappelé que « sans la garde pénitentiaire qui est actuellement en grève, l’on ne peut pas extraire les détenus de la maison centrale ».

Il dit qu’il était « obligé de les (victimes) sensibiliser dans la mesure où elles ne peuvent pas comprendre pourquoi l’audience a été renvoyée.  Et même les magistrats ont été aussi surpris du renvoi, parce que tout simplement, la garde pénitentiaire n’avait pas averti à temps qu’il y aurait une grève. Donc nous avons été tous surpris. Alors raison pour laquelle je me suis mis dans mon devoir de conseiller pour essayer d’expliquer aux nombreuses victimes qui sont déjà touchées dans leur chair et expliquer que oui, c’est indépendamment de la volonté même des magistrats que la garde pénitentiaire est partie en grève ».

Parlant du nombre des plaignantes, Me. Alseny Fofana précise : « le nombre des plaignantes n’est pas encore arrêté, les victimes sont plus de 450, 500 et voire même 600 femmes qu’elle (N’na Fanta) a empoisonnées, selon nous. Et nous estimons que de l’empoisonnement parce que les femmes ont bu les produits à son niveau qui ont causé de sérieux problèmes dans leurs organes. Voilà pourquoi nous avons saisi la justice et espérons qu’elles seront rétablies dans leur droit. »

« Je me réserve pour le moment de dire leur état sanitaire. Mais ce qui reste claire à vue d’œil déjà, on sent qu’elles sont malades. Elles ont les ventres ballonnés, elles ont les pieds et les mains enflés, mais il y a le professeur Hassan qui a déjà fait un rapport médical et au moment opportun, vous aurez même la copie des différents rapports médicaux », a-t-il ajouté.

A noter que Dame N’na Fanta Camara est poursuivie pour escroquerie, administration de substances, mise en danger de la vie d’autrui, exercice illégal de la profession de médecine.

PS : Ce mardi les gardes pénitentiaires ont levé leur mot de grève.

Mohamed Kaba Soumah pour Guinee7.com