Le directeur général du patrimoine bâti public

 

Ce 8 mai, le personnel de la direction du patrimoine bâti public était dans la rue pour dénoncer, selon lui, ‘‘les difficultés’’ imposées par M. Jonas Mukamba Kadiata Diallo, nommé directeur général en février dernier. Il a fallu l’intervention du général Ibrahima Baldé, haut commandant de la Gendarmerie nationale pour le convaincre à rallier les bureaux.

Deux jours avant, le personnel dans une plateforme de revendication adressée à M. Mohamed Diané, ministre d’Etat, directeur du cabinet de la Présidence, a décliné ces difficultés en douze points.

Dans cette plateforme, les travailleurs de la direction générale du patrimoine bâti public estiment que ‘‘le directeur général ne veut nullement collaborer avec son personnel qu’il a fini d’ailleurs par éloigner de toutes formes de gestion, nous avons tenté ce matin 5 Mai 2014 de le rencontrer de nouveau à 11 heures dans la salle de réunion laquelle était déjà fermée par lui sans motif’’.

Les travailleurs accusent leur directeur général de ‘‘plonger ce Service dans un dysfonctionnement sans précédent’’. D’ailleurs depuis près de trois mois, ça sent le roussi dans cette direction névralgique au service éminemment social.

Face aux accusations portées contre elle par le personnel, la direction générale elle se dit ‘‘sereine et continue son travail’’. Elle pense mordicus que les ‘‘agissements’’ du personnel relèvent d’un ‘‘refus de changement’’.

En effet, le 2 mai dernier, la direction générale pour stopper la saignée financière a demandé à tous les locataires des bâtiments de l’Etat à usage d’habitation, commercial ou professionnel de la zone spéciale de Conakry que ‘‘les charges locatives doivent être versées en espèce, chèque ou virement soit au compte no 4191885 intitulé recettes locatives ouvert dans les livres de la banque centrale, soit au guichet ouvert dans les locaux de la direction générale sous la responsabilité du régisseur de la direction’’.

Ainsi, il a été interdit de faire des versements ‘‘aux mains des gérants ou toute personne dans l’irrespect de la règle de l’unicité de la caisse’’.

La direction par ces actes compte apparemment sécuriser les recettes générées par le patrimoine bâti dans la zone de Conakry qui par ailleurs sont jugées trop faibles.

Tenez-vous bien. Pour le dernier trimestre, la commune de Ratoma n’a généré comme recette qu’environ 8 millions gnf ; la commune de Matam, environ 10 millions ; la commune de Kaloum, environ 20 millions et la commune de Dixinn, environ 77 millions. Tous les magasins du patrimoine à Conakry n’ont généré qu’environ 125 millions de gnf.

Pour la direction, les travailleurs sont manipulés par certains d’entre eux qui voient leurs intérêts menacés par les nouvelles mesures. Elle dénonce par ailleurs le bradage du patrimoine bâti public. ‘‘Il est aujourd’hui impossible de loger les fonctionnaires, en principe dès qu’un cadre est nommé par le chef de l’Etat, notre direction doit lui trouver un logement. Mais comment le faire si tous les bâtiments ou presque ont été détournés ?’’ S’interroge Jonas Mukamba Kadiata Diallo.

Ibrahima S. Traoré

 

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